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  • Pour le Centre, il faut apurer les comptes avant de dépenser à nouveau


    Le Centre a toujours prôné une gestion responsable des finances publiques avec un respect des grands équilibres notamment celui du budget de l’Etat. Non pas que cela doive interdire aux pouvoirs publics d’intervenir pour soutenir l’économie, ni pour développer des programmes sociaux mais cela doit permettre d’éviter que les gouvernants considèrent que l’on peut dépenser sans compter en renvoyant la balle de la dette publique à leurs successeurs jusqu’au jour où le système implosera. Or, nous n’en sommes peut-être pas très loin!

    Pourtant, ces dernières semaines, une offensive d’économistes keynésiens, largement relayée par la presse, a réclamé un nouveau plan de relance et de nouvelles dépenses publiques pour soutenir la faible reprise économique.

    Rappelons que parmi les raisons principales de la crise de 1929 et des années trente il y eut, pour les économistes, l’absence de plan de relance de grande ampleur et la montée du protectionnisme. C’est pourquoi, les principaux pays de la planète ont tous très vite adopté des plans de soutien de l’activité économique lors de la crise de 2008-2009 et se concertèrent pour ne pas prendre de mesures protectionnistes. Grâce à ces décisions, la pire crise économique jamais connues a pu être évitée Des plans et des décisions qui reçurent l’approbation des centristes devant l’urgence à agir.

    Néanmoins, après une reprise que certains espéraient en fanfare, l’activité économique et la croissance, notamment dans les pays européens, au Japon et aux Etats-Unis, demeure molle. D’où l’idée avancée par certains, et notamment le prix Nobel d’économie, l’américain Paul Krugman, que, puisque les plans de relance n’ont pas atteint entièrement leurs objectifs, il faudrait mettre en place de nouveaux stimulus de l’économie qui permettraient de réellement relancer l’activité.

    Même s’ils sont conscients que ces nouvelles mesures vont creuser encore plus les déficits publics des pays concernés, les tenants d’une nouvelle relance estiment que le plus important est une forte croissance qui permettra, à terme, d’éponger les trous financiers qu’elle va inévitablement creusés.

    Face à cette demande, il y a, en effet, la réalité des déficits abyssaux publics dans tous les pays européens, aux Etats-Unis et au Japon. D’où la décision de la plupart des pays avancés, après la relance, de mettre en place des plans de rigueur afin d’apurer les comptes, encouragés en cela par la pression des marchés inquiets de la montée de l’insolvabilité de la dette publique dans plusieurs pays, de la Grèce à l’Espagne en passant par l’Irlande et le Portugal. Même aux Etats-Unis, Barack Obama qui souhaite pourtant de nouvelles mesures publiques de relances, vient de déclarer que le déficit américain n’était plus soutenable et qu’il était urgent de faire d’importantes économies.

    Les centristes partagent évidemment le point de vue d’un retour à des comptes publics équilibrés ou, tout au moins, sains. Car il s’agit ici de responsabilité politique et de capacité financière des Etats. La crise a été un révélateur que les déficits publics étaient devenus insoutenables pour la plupart des pays avancés. Néanmoins, ces mêmes déficits existaient auparavant et ne sont pas nés de la crise mais d’une fuite en avant dangereuse. Car si l’apurement n’est pas décidé et mis en œuvre avec rigueur et responsabilité, la banqueroute surviendra un jour. Et alors la période que traversons les pays en cessation de paiement avec la litanie de difficultés extrêmes pour leurs populations, sera bien plus longue que celle qui doit, dès maintenant, permettre d’apurer les comptes. Une bonne raison de ne pas céder aux sirènes des dépensiers même si l’on comprend leurs motivations devant les forts taux de chômage qui frappent un peu partout en Europe et aux Etats-Unis. Cependant, l’amélioration qui pourrait résulter – et qui n’est même pas sûre - d’une nouvelle relance serait rapidement effacée par des finances publiques à la dérive qui engendreraient une rigueur d’une toute autre ampleur.

     

    Alexandre Vatimbella

  • Sans responsabilité, pas de société démocratique équilibrée


    Au moment où nous devons prendre des décisions importantes pour notre avenir, rappelons-nous que le bon fonctionnement de la démocratie est impossible sans responsabilité. Un individu libre est quelqu’un qui fait des choix sans contrainte autre que celle du respect de la liberté d’autrui mais qui est capable, dans le même temps, de faire des choix responsables. Sans vraie capacité pas de réelle liberté.

    Cette capacité s’acquiert grâce à son émancipation, c’est-à-dire par l’acquisition d’un savoir qui lui permet de se déterminer librement et en toute responsabilité, à la fois, pour son intérêt propre mais également pour celui de la communauté à laquelle il appartient. D’où l’importance, dans une démocratie, d’une transmission du savoir efficace par un système éducatif performant et des médias délivrant une information sérieuse et libre afin de donner la réelle capacité à chaque individu de choisir en toute responsabilité.

    Sans cette prise en compte concomitante de ces deux intérêts, individuel et collectif, il n’y a pas de responsabilité individuelle et, en conséquence, il ne peut y avoir de société équilibrée composée de personnes c’est-à-dire d’individus libres, respectueux, solidaires et tolérants ayant des droits et des devoirs.

    C’est pourquoi l’on peut être inquiet devant les avancées de l’égoïsme et de l’égocentrisme dans les pays démocratiques. Cette individuation montante caractéristique des sociétés postmodernes n’est pas une conséquence inéluctable de l’avancée de la démocratie, bien au contraire, mais le résultat d’un dévoiement de l’individualisme par l’exercice d’une liberté sans responsabilité. Celle-ci n’est en réalité qu’une licence permettant à chacun d’entre nous de pouvoir revendiquer à son unique avantage et de choisir pour son seul intérêt propre en rejetant toute idée de responsabilité dans ses revendications et ses choix. Or, une telle perversion de la liberté détruit évidemment le vivre ensemble, détruit la démocratie et, in fine, détruit la liberté elle-même. Sans responsabilité, l’exercice de la liberté n’est qu’une suite de décisions dont le seul horizon est la satisfaction égoïste et égocentrique de désirs immédiats et la volonté d’acquérir des privilèges sans se soucier des conséquences.

    En outre, en l’absence de responsabilité, l’individu à tendance à orienter ses choix vers l’obtention d’un avantage superficiel et un profit à courte vue au détriment de décisions qui auraient des bénéfices, non seulement, plus pérennes et plus respectueuses de l’autre, mais qui seraient meilleures pour ses propres intérêts et ceux de ses proches.

    C’est la raison pour laquelle, le Centrisme, pensée de la liberté dans la responsabilité, applaudit à toutes les avancées de la liberté mais ne conçoit celles-ci que pour un individu responsable. Un individu de plus en plus autonome et libre n’est un danger pour la société que s’il est irresponsable, cette irresponsabilité détruisant alors le lien social qui unit les membres d’une même communauté entre eux.

    La responsabilité est donc une condition sine qua non du bon fonctionnement de la démocratie. Si elle ne s’élève pas dans les années à venir, en même temps que l’individu acquiert une plus grande autonomie, alors nous avons tout lieu d’être inquiets. Nous devons absolument remettre de la responsabilité de tous les actes, à tous les niveaux et dans tous les domaines, de la politique à l’économie, et pour tout le monde, du président de la république au simple citoyen.

    Les admirateurs des régimes totalitaires considèrent les individus comme des incapables qui ne peuvent se prendre en main et décider pour eux et pour la communauté. Les promoteurs des luttes pour l’émancipation qui ont traversé les XIX° et XX° siècles voulaient démontrer l’inanité d’un tel raisonnement. Ils savaient que la liberté était un risque. Cependant, ils pariaient dans la reconnaissance des bienfaits de celle-ci par les peuples qui l’utiliseraient avec responsabilité ce qui permettrait qu’ils fassent bon usage de cet inestimable bien. Il serait bien dommage que nous contredisions ces derniers et donnions raison aux premiers. Ce serait, en outre, excessivement dangereux pour la démocratie…

     

    Alexandre Vatimbella

     

    Voir le site Le Centrisme