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L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. 30 ans après Berlin, nous sommes en train de reconstruire des murs

La chute du mur de Berlin, c’était il y a trente ans, un 9 novembre 1989, dans l’euphorie, non pas que le système capitaliste avait terrassé le système communiste comme le prétendent les ignorants et les falsificateurs de l’Histoire, mais de la victoire de la Liberté, celle avec un grand L.

Bien sûr, la boucherie de la place Tienanmen à Pékin quelques semaines plus tôt exécutée par les communistes chinois sous la direction du «grand réformateur» (sic!) Deng Xiaoping, avait un peu terni cette période où l’on voyait les régimes autoritaires et dictatoriaux s’effondrer les uns après les autres et qui aboutirait, in fine, à la disparition de l’Union soviétique.

Mais l’on se disait que la Chine – mise au ban des nations et qui n’était encore qu’une «puissance émergente» – serait obligée, volontairement ou non, de suivre le «sens de l’Histoire» qui semblait indiquer que la marche de la liberté mais aussi de toutes les valeurs humanistes était devenue irrésistible.

Trente ans après, que de désillusions et de rappels à la réalité!

Mais surtout que d’inquiétudes et d’angoisses devant un monde où les extrémistes, les populistes, les démagogues, les escrocs, les affairistes et les bouriscoteurs, sans oublier les terroristes tiennent le haut du pavé dans un mélange indigeste liberticide et de corruption, d’enrichissements indécents et de violences en tous genres.

Un monde qui s’éloigne du respect de la dignité humaine et où se meuvent les personnages les plus malfaisants et les organisations les plus nauséabondes qui sèment le désordre, le chaos, la haine et la mort au nom d’idéologies abjectes ou d’intérêts particuliers, voire personnels, dans un flot de propagande (que l’on appelle désormais «fake news»…) et de complots que même le KGB et la Stasi (polices politiques respectivement de l’URSS et de l’Allemagne de l’Est) n’avait pu mettre en œuvre malgré leur puissance lors de la Guerre froide.

Oui, trente ans après que nous ayons cru naïvement – mais que cette naïveté avait le goût du bon! – à un monde meilleur, nous sommes en train de reconstruire, non pas un mur, mais une multitude murs partout dans le monde et en particulier en Europe qui aboutiront, si l’on n’inverse pas la tendance, à ce que le Vieux continent (mais aussi l’humanité toute entière) sait malheureusement faire le mieux: la guerre…

Nous voilà donc à un nouveau tournant de l’Histoire, bien éloigné de celui de 1989.

Bien éloigné également de l’espoir d’une construction européenne qui, ne l’oublions pas, avait comme un de ses buts de lutter contre le totalitarisme qui sévissait derrière le rideau de fer et de réunir l’ensemble des pays européens dans une vaste fédération des Etats-Unis d’Europe.

Car 1989 – avec toutes les difficultés que l’on pouvait déjà soupçonner – devait être, sinon l’apothéose d’une Europe unie, en tout cas la pierre angulaire sur laquelle tout l’édifice de ces Etats-Unis allait s’édifier.

Ce ne fut pas le cas même si l’élargissement de l’Union fut accomplie, certes dans une absence de logique que nous payons aujourd’hui mais, il est bon de le rappeler, dans une volonté de créer des liens entre des pays qui menaçaient de se faire la guerre entre eux pour des questions de nationalités (bonjour les séquelles du Traité de Versailles et du découpage de l’Europe en 1945!) comme entre la Hongrie et la Roumanie et qui eut lieu dans le seul endroit où l’on intégra pas, la Yougoslavie…

Reste que les défis d’aujourd’hui sont encore plus prégnants qu’en 1989 avec, non seulement, un monde où la démocratie républicaine est en danger mais où l’Humanité entière l’est également avec les problèmes environnementaux, ceux de l’accès à l’eau et à une nourriture suffisante sans oublier une augmentation de la population mondiale non encore maîtrisée, tout ceci étant loin d’être exhaustif.

Alors, comme dirait l’autre, messieurs et mesdames les maîtres et maîtresses du monde, faites tomber ces murs!

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