10.05.2012
Ni union nationale, ni cohabitation, la situation nécessite un Centre fort et indépendant
Union nationale pour François Bayrou, cohabitation pour «équilibrer les pouvoirs» pour une Droite vaincue, majorité républicaine avec tous ceux qui soutiennent le programme de François Hollande pour le Parti socialiste, chacun y va de sa formule alors que les élections législatives approchent et donneront ou non une majorité à l’Assemblée nationale au nouveau Président de la république.
Bien sûr, la logique voudrait que les Français lui donnent cette majorité afin qu’il puisse appliquer son programme puisqu’ils viennent de l’élire à la tête du pays.
Pour autant, cela ne tombe pas sous le sens de manière aussi évidente.
Pourquoi?
Parce que l’on sait que François Hollande a autant été élu sur sa personnalité et ce qu’il propose que sur le rejet de la personne de Nicolas Sarkozy mais pas forcément du programme de ce dernier (certains disant même que c’est principalement la personnalité du président sortant qui a causé sa défaite).
Dès lors, on se trouve dans un cas de figure particulier (même si on a pu dire la même chose de la victoire de François Mitterrand face à Valéry Giscard d’Estaing en 1981).
Car si les Français veulent évidemment que l’économie redémarre et que le chômage baisse, ils savent néanmoins que la situation du pays est délicate, qu’il faut continuer à faire des efforts et que l’Etat doit faire des économies.
On sait que l’assainissement des finances publiques et la maîtrise de la dette de la France sont incontournables mais que cela ne suffira pas s’il n’y a pas de croissance de l’économie, à la fois pour donner du travail au Français mais aussi pour ne pas perdre trop de terrain vis-à-vis des autres pays avancés et, surtout, des grands pays émergents qui, eux, continuent à se développer et n’ont aucun intérêt à nous attendre.
Il y a donc urgence à trouver une formule gagnante entre ces deux nécessités qui semblent s’affronter plutôt que de se compléter.
François Hollande assure qu’il l’a. Sera-t-elle magique? On le verra assez vite…
Quoiqu’il en soit, dans cette situation très délicate, il convient de mettre en place un juste équilibre, celui qui permettra de faire autant de croissance que possible tout en gérant l’Etat avec la nécessaire et indispensable rigueur pour le faire sortir de la zone de très fortes turbulences dans laquelle il se trouve.
Une partie de la réponse se trouve d’ailleurs au niveau européen. D’où l’importance d’approfondir au plus vite les liens avec nos partenaires de l’Union européenne.
Politiquement parlant et afin d’éviter les dérapages clientélistes, les Français seraient bien inspirés de donner une majorité relative au Parti socialiste.
Celui-ci ne pourrait donc pas agir à sa guise en creusant les déficits publics sous la pression de ses alliés encombrants du Front de gauche et devrait trouver des majorités au cas par cas.
Et c’est là que le Centre pourrait alors retrouver, bien plus vite qu’on ne le pense, un rôle de premier plan.
Au jour d’aujourd’hui, cette vision semble être un peu surréaliste au vu de l’état lamentable des partis centristes et du sauve-qui-peut qui va se mettre en place pour les prochaines législatives.
Pour se faire élire, beaucoup de centristes auront besoin des voix de la Droite (Nouveau centre) ou de la Gauche (Mouvement démocrate).
Mais, une fois l’élection passée, la recomposition du paysage politique sera possible si aucun des deux grands partis ne domine l’Assemblée nationale.
Dès lors, les Radicaux de gauche et le Parti radical pourraient se rapprocher et, avec le Nouveau centre et le Mouvement démocrate, former une confédération des centres informelle qui serait l’élément d’équilibre dont nous avons tant besoin.
Si l’on aboutit à cette configuration, alors le Centre retrouverait cette capacité d’indépendance et de se déterminer par rapport à ses propres valeurs et ses propres principes.
Horreur! diront certains, revoilà la IV° République.
Qu’ils se rappellent seulement que c’est grâce à elle que nous avons eu les Trente glorieuses, cette période où la croissance économique n’a jamais été aussi forte et où la France a retrouvé sa place dans le concert mondial des nations.
On objectera, plus sérieusement, que ce scénario a très peu de chance de se réaliser. C’est vrai.
Mais n’est-ce pas une configuration qui serait plébiscitée par une large majorité de Français à un moment crucial pour l’avenir du pays?
En tout cas, aux centristes de faire tout leur possible pour s’en rapprocher.
Alexandre Vatimbella
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07.05.2012
Le 6 mai, un nouveau départ pour le Centre?
Se réjouissant de sa victoire, François Hollande a déclaré que le 6 mai était un nouveau départ pour la France, l’Europe et le monde.
Même si le style est un peu emphatique, reprenons la formule pour se demander s’il en est de même pour le Centre.
Celui-ci sort incontestablement affaibli de cette élection présidentielle et se retrouve, d’abord, face à lui-même.
Les défaites de François Bayrou au premier tour et de Nicolas Sarkozy au second sont sans doute des opportunités pour aller de l’avant, même s’il convient de regretter que cette possibilité se fasse sur des échecs, notamment celui d’un président de droite qui n’avait guère eu beaucoup d’attention pour le Centre au cours de son quinquennat.
Reste qu’en politique, ce sont autant les victoires que les défaites qui représentent des moments-clés et permettent de prendre des décisions importantes.
Pour les centristes, le temps du constat mais, surtout, de l’action est venu.
D’autant que les législatives vont très vite arriver.
L’on serait bien en mal de dire qui va donner la nécessaire et salutaire première banderille.
Le problème est que le Centre manque cruellement d’une personnalité qui fasse l’unanimité sur son nom.
Tous ses leaders, sans exception, traînent des casseroles qui en font des persona non grata auprès d’une partie des centristes.
Pourtant, si l’on veut que le Centre ait une expression électorale et un poids politique pour les cinq ans à venir, il va bien falloir agir.
On pourrait appuyer sur le bouton «reset» comme Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine l’avait proposée à son homologue russe pour réenclencher sur de nouvelles bases les relations entre leurs deux pays.
Bien sûr, rien ne s’oublie en politique.
Néanmoins, pour reprendre en exemple Hillary Clinton, elle est bien devenue une des principales collaboratrices du président américain, Barack Obama, alors que leur lutte durant la primaire démocrate de 2008 avait été particulièrement dure et agressive.
Car c’est dans l’intelligence et la conviction des centristes que se trouve la solution.
Si leurs convictions dans les valeurs et les principes du Centre sont assez puissantes, alors ils trouveront l’intelligence de s’entendre parce qu’ils estimeront que ces valeurs et ces principes sont indispensables à la France et à l’Europe, particulièrement en ces moments difficiles et troublés où un parti néo-nazi peut entrer au Parlement grec sans faire plus d’émoi que cela.
S’ils ne sont que des politiciens en mal d’un mandat électoral, on devrait assister à un spectacle qui fera beaucoup rire les commentateurs et consternera les centristes, les vrais.
A eux de choisir entre l’intelligence et la bêtise, entre les convictions et l’opportunisme, entre l’Histoire et sa poubelle.
Alexandre Vatimbella
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10:00 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, centrisme, centriste, françois hollande, françois bayrou, nicolas sarkozy, élection présidentielle, élections législatives, france, europe
01.05.2012
Présidentielle: comprendre la défaite du Centre
La défaite de François Bayrou au premier tour de la présidentielle est également une défaite du Centre.
D’une part, parce qu’il était le seul candidat à se revendiquer centriste.
D’autre part, parce que les autres candidats sensés également représenter le Centre avaient renoncé à aller jusqu’au bout de leurs démarches.
Du coup, l’absence de Jean-Louis Borloo (déclarant forfait avant même le début de la campagne), d’Hervé Morin (incapable de dépasser les 1% d’intentions de vote et de réunir 500 signatures) et même de Corinne Lepage (obligée de jeter l’éponge car n’ayant pas le nombre de signatures requis) démontrent également le mauvais état du Centre lors de cette présidentielle que le score de François Bayrou ne fera que confirmer.
Il y aurait donc pu y avoir quatre candidats centristes lors de cette élection.
Si cela avait été le cas, cela n’aurait pas reflété la richesse du Centre (ce qui aurait pu être le cas si une primaire avait été organisée entre eux, comme cela avait été proposé) mais bien sa division actuelle, son morcellement et sa faiblesse électorale.
Au bout du compte, il n’y en eu qu’une mais sans aucun ralliement autres qu’anecdotiques à François Bayrou des soutiens aux autres candidats.
François Bayrou ne fut donc pas le candidat du rassemblement du Centre mais celui d’un des partis centristes (avec le soutien de la micro-formation de l’Alliance centriste) ne représentant qu’une mouvance du Centre.
En conséquence, Il n’y eut donc pas de mobilisation centriste (au niveau des partis et des mouvances) pour porter la candidature unique de François Bayrou.
Celui-ci, par ailleurs, partait avec un lourd handicap: une traversée du désert de cinq ans, des intentions de vote initiales assez basses (autour de 7%), une opposition d’une partie de la galaxie centriste et un discours assez ambigu qui ne permettait pas à tous les centristes de s’y reconnaître (notamment les références au général de Gaulle ou l’appel au nationalisme économique).
Un handicap qui était à peine contrebalancé par son score en 2007 (18,55%) qui lui donnait un préjugé favorable dans les médias et une place de choix théorique sur la grille de départ de la compétition.
Le déroulement de la campagne ne permit pas de sortir de ce malaise centriste de divisions, de manque de dynamisme et de mobilisation.
En outre, très vite, la faiblesse majeure de François Bayrou prit une place importante dans les médias et aux yeux des électeurs: un doute important sur sa capacité à réunir une majorité pour gouverner s’il était élu.
Avec qui François Bayrou pourrait-il bien gouverner si jamais il remportait la présidentielle? devint une question récurrente et lancinante. La réponse de François Bayrou affirmant que ce ne serait pas un problème car tout président élu se voit donner automatiquement une majorité par les électeurs n’a convaincu personne.
Cette question ne trouva d’ailleurs aucune réponse politique crédible puisqu’aucun rassemblement digne de ce nom ne se fit derrière sa candidature et qu’il n’y avait guère de chances que des modérés de l’UMP et du PS s’unissent derrière celle-ci comme nombre d’entre eux le déclarèrent.
Du coup, François Bayrou apparut comme un homme seul et impuissant, non comme un leader indépendant assez charismatique pour faire bouger les lignes.
Encore moins comme un homme providentiel à la manière de de Gaulle en 1958, capable de restaurer la confiance sur sa seule aura et de remettre le pays sur les rails après une purge nécessaire.
Aux yeux de la majorité des Français il n’était qu’un franc-tireur avec deux députés à l’Assemblée nationale, entouré de soutiens manquant d’expérience gouvernementale et à la tête d’un parti faible.
Bien sûr, il a su garder une forte popularité qui s’est même améliorée à un moment donné de la campagne avant de fléchir.
De même sa volonté de lutter contre les déficits publics et de se focaliser sur l’éducation recevait une bienveillance, voire une adhésion au-delà des intentions de vote qui se portaient sur sa personne.
François Bayrou a bien tenté de faire coïncider cette popularité haute et la séduction de ses grandes idées auprès des Français avec des intentions de vote en sa faveur sans jamais y parvenir.
Car, pour les Français, popularité et «électabilité» ne sont jamais allées de pair.
Dans les sondages, François Bayrou n’est jamais apparu comme étant un futur président crédible, ne possédant pas, non plus, pour une majorité de la population, les qualités demandées pour ce poste.
Ainsi, dans la dernière vague de l’étude Présidioscopie Ispos-Cevipof, 63% des Français estimaient que François Bayrou n’avait pas la stature présidentielle, 52% qu’il n’était pas compétent pour le poste, 62% qu’il manquait de dynamisme.
Cependant, 50% avaient toujours une bonne opinion de lui, ce qui le plaçait juste derrière François Hollande (51%). De même, il était en tête pour l’honnêteté (avec 63% de réponses positives, loin devant François Hollandes, 56%), pour son côté sympathique et pour sa sincérité.
Des qualités qui ne sont pas indispensables pour les électeurs pour diriger le pays.
Ces hauts scores démontraient, paradoxalement, de la part des Français, une méconnaissance des détails du programme du candidat (comme le montraient des sondages où ceux-ci se demandaient où le président du Mouvement démocrate voulait les emmener) ainsi qu’une vision trop «gentille» de sa personne (c’est-à-dire l’absence de puissantes convictions partisanes qui caractérisent un fort leadership).
Au fur et à mesure que la campagne progressait, la candidature de François Bayrou a patiné de plus en plus.
Et ce qui devait arriver, arriva, les intentions de vote se mirent à baisser inexorablement.
Que s’était-il donc passé?
D’abord, François Bayrou n’est jamais parvenu à être crédible en habit présidentiel comme nous l’avons vu.
Ensuite, il n’était plus «le» candidat «anti-système» comme en 2007 et le trublion du couple UMP-PS, laissant ces rôles à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen.
De même, les médias se lassèrent de son côté austère et prêcheur uniquement de mauvaises nouvelles et préférèrent la gouaille d’un Jean-Luc Mélenchon qui devint leur chouchou (sachant qu’il n’est pas possible que le représentant du Front national le soit) pour donner ce fameux coup de pied dans la fourmilière qui peut rendre l’élection présidentielle «vendable» en termes de tirages et de taux d’audience.
Ses soutiens, au fur et à mesure apparurent comme ce qu’ils étaient, des seconds couteaux, souvent ralliés parce que les grands partis ne leur avaient pas donné la place qu’ils estimaient mériter ou pour donner une certaine visibilité à leur carrière politique à un moment difficile de celle-ci.
Enfin, il n’a pu trouver le bon positionnement, le bon discours et la bonne posture pour pouvoir, ne serait-ce qu’un moment, contester à Nicolas Sarkozy et à François Hollande, une des deux places de finalistes.
Cela se caractérisa également par une incapacité à rebondir, sans doute parce que ses plus proches collaborateurs n’osent pas, depuis longtemps, le contredire ou lui dire ce qui ne va pas.
Le résultat du 22 avril (cinquième position et 9,13% des votes) ne fut donc que la confirmation de cette situation qui se figea d’ailleurs quelques semaines avant le scrutin.
Les centristes, collectivement responsables de ce fiasco (un des plus bas scores d'un candidat centriste lors d'une élection présidentielle) sont donc, de nouveau, au pied du mur. Il leur faut rebondir le plus vite possible.
Alexandre Vatimbella
Voir le site Le Centrisme
11:27 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, centrisme, centriste, droite, gauche, politique, élection présidentielle, françois bayrou, jean-louis borloo, hervé morin, corinne lepage, de gaulle, marine le pen, jean-luc mélenchon, ump, parti socialiste


