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Tout le monde a raison… mais la raison a le dernier mot (ou pourquoi le centrisme est la meilleure politique)

Il y a ceux qui pensent qu’il faudrait plus de liberté et de responsabilité car ils veulent que tout individu puisse prendre le maximum de décisions concernant sa vie en pleine responsabilité. Et ils ont raison. Il y a ceux qui pensent qu’il faudrait plus de solidarité car ils demandent à ce que les plus faibles soient aidés ainsi que ceux qui connaissent des problèmes à un moment difficile de leur existence. Et ils ont raison. Il y a ceux qui veulent plus d’équité et de méritocratie car ils pensent qu’il faut récompenser ceux qui veulent réussir quel que soit leur origine sociale. Et ils ont raison. Il y a ceux qui veulent plus d’égalité car ils pensent qu’il faut donner la même chance à tout le monde au départ. Et ils ont raison. Il y a ceux qui estiment que l’économie doit être totalement ouverte pour permettre la croissance et l’innovation. Et ils ont raison. Il y a ceux qui estiment que l’on doit protéger certains secteurs vitaux pour une société. Et ils ont raison. Et l’on pourrait continuer cette énumération des contraires encore longtemps.

 

 

Oui, tout le monde a raison. Car les choses ne sont jamais blanches ou noires. Tout le monde a raison parce que les situations sont souvent complexes. Tout le monde a raison parce qu’à côté de la raison, il y a le cœur et inversement. Tout le monde à raison parce qu’à côté de l’individu-roi, il y a la société-refuge.

 

 

Mais, comme dans tous ces paradoxes, si tout le monde a raison, c’est que tout le monde a tort. Car, aucune de ces affirmations sans l’autre n’est raisonnable. C’est de par leur mixité qu’elles acquièrent ce côté raisonnable, ce côté central – c’est-à-dire éloigné des extrêmes – qui les rend valides.

 

 

De même, tout le monde ne peut pas avoir raison en même temps. D’où le rôle éminemment important du politique et du choix politique. Car la politique est l’art de prendre des décisions suivant les circonstances. Et la meilleure politique c’est celle qui prend pragmatiquement les bonnes décisions au bon moment dans une vision de juste équilibre. C’est ici que la raison a le dernier mot.

 

 

Si nous devons obligatoirement faire des choix pour construire une politique efficace, il n’en reste pas moins qu’il ne faut pas oublier les options qui ne seront pas prises en compte pour la mener, sachant qu’elles sont tout aussi légitimes que celles retenues mais pas efficaces pour mener une bonne politique à une époque donnée.

 

 

Car, dans la durée c’est bien vers l’équilibre que tout doit tendre parce que nous devons construire une société harmonieuse où comme le dit un proverbe de la dynastie des Tang, « L'harmonie est nécessaire pour la prospérité des choses, l'uniformité au contraire entrave toute création. L'harmonie consiste en l'unité des différences. C'est seulement lorsque cette unité existe que les choses peuvent prospérer et qu'un souverain en tire avantage. À l'inverse, la simple accumulation des choses toutes identiques ne mène à rien. »

 

 

Se trouver au milieu , c’est-à-dire loin des extrêmes, ce qui représente la meilleure position politique possible pour les Chinois, c’est à la fois prendre en compte toutes les opinions, tenter de concilier le maximum d’intérêts divergents mais aussi prendre des décisions.

 

 

Toutes les bonnes raisons doivent se fondre dans la raison et celle-ci prend appui sur le réel.

 

 

Alexandre Vatimbella

 

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