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  • Comment noyer le poisson centriste

    Le poisson centriste dérange. Il est même devenu un poison pour certains… Et ils ont décidé de le noyer. Comment? En bombardant les médias de nouvelles et d’initiatives dont le but final est son élimination, si ce n’est du paysage politique, en tout cas de la prochaine présidentielle. Aujourd’hui, les grandes manœuvres viennent de la Droite mais, n’en doutons pas, elles viendront également de la Gauche lorsque l’échéance électorale de 2012 se rapprochera et qu’il faudra capter ces voix centristes indispensables à tout victoire électorale.

    Noyer le poisson centriste est une tâche à plusieurs (petites) mains. Il faut, d’une part, le décrédibiliser en niant son existence ou, au moins, son importance. C’est le cas, par exemple, d’un Jean-François Copé ou d’un Luc Ferry crachant sur le Nouveau Centre et niant l’existence d’un Centre indépendant dans un éditorial récent du Figaro.

    D’autre part, il faut le phagocyter en lançant des leurres comme Nicolas Sarkozy recevant un Philippe Douste-Blazy toujours prêt à reprendre du service (!) ou, plus sérieusement, remettant en selle un François Bayrou (avec l’aide de ses petites mains Jean-Pierre Raffarin et Gérard Longuet, notamment). Un Bayrou qui continue à confondre -mais est-ce un hasard?-, centrisme et union nationale. Ou comme Dominique de Villepin qui se réclame soudainement du Centre pour capter son électorat, sans doute partageant l’étonnante affirmation de Jean-François Kahn – le ridicule en politique ne tuant plus depuis fort longtemps - faisant du Gaullisme, un centrisme! D’ailleurs François Bayrou a déclaré qu’il allait rencontrer Dominique de Villepin…

    Il faut également tenter de le piéger par tous les moyens. C’est le cas d’un Jean-Pierre Raffarin dont la dernière trouvaille est de proposer au Nouveau Centre l’organisation de primaires dans la majorité présidentielle afin de désigner un candidat unique en 2012 sachant qu’un représentant du Centre n’aurait aucune chance de les remporter face à celui de la Droite. Un Jean-Pierre Raffarin, ex-centriste, présent dans tous la plupart des coups fourrés afin d’empêcher l’existence d’un Centre indépendant.

    On peut aussi utiliser la flagornerie et la séduction pour endormir l’ennemi, tâche dévolue à un certain nombre à l’intérieur de l’UMP (dont encore Raffarin mais aussi Marc-Philippe Daubresse) qui redécouvrent soudainement qu’ils ont été centristes et tentent de neutraliser la réémergence d’un Centre fort et indépendant par le baiser qui tue de la nécessaire refondation de cette, oui, formidable famille centriste… mais dans l’UMP!

    Et puis il y aura les incontournables défections dont on commence à voir quelques unes se dessiner au Nouveau Centre contre la candidature d’Hervé Morin. Valérie Létard a déjà choisi le camp de Jean-Louis Borloo, protégé de Nicolas Sarkozy, et André Santini ne se montre guère favorable à une candidature de son parti. La liste devrait s’allonger dans les mois qui viennent.

    Les Centristes auraient tort de s’amuser de toutes ces tentatives grossières pour leur couper les ailes de leur refondation dans une structure forte et indépendante. Car chaque entreprise de déstabilisation permet d’insuffler le doute dans l’opinion grâce au relai surdimensionné des médias. Et le doute, en politique, fait souvent le lit de la défaite électorale.

    Alexandre Vatimbella

     

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  • Centrisme n’est pas union nationale


    Le Centrisme n’a pas pour vocation de rassembler tous les partis politiques autour d’un même projet commun, il a pour vocation de rassembler une majorité d’électeurs autour de son projet de société. Le Centrisme n’est pas l’union nationale et l’union nationale n’est pas du Centre. Heureusement. Mélanger les deux c’est faire une erreur ou, pire, c’est une escroquerie politique. Que les partis centristes partagent les valeurs de la démocratie avec les autres partis est une évidence et est une bonne chose mais cela n’aboutit pas à l’union nationale. Que le Centre veuille travailler avec tous ceux qui le veulent à droite et à gauche est une évidence et une bonne chose mais c’est le lot de toute pensée politique qui se veut rassembleuse autour de son projet.

    La confusion entretenue par quelques opportunistes, mais qui était aussi à la base de la candidature de François Bayrou aux présidentielles de 2007, vient de certaines des valeurs du Centrisme comme le pragmatisme, le compromis et le consensus, par exemple. Si l’on pousse à l’extrême ces trois concepts, ils peuvent se confondre avec une union de tout le corps social. Mais si celui-ci est le fantasme de tout parti politique, l’unanimisme (catastrophique pour la démocratie), il ne passe pas par l’abandon des valeurs propres défendues par le Centre mais par un ralliement à celles-ci. Si le Centre déclare qu’il peut réunir les Français largement, c’est parce que ses idées, son programme et ses valeurs ont cette capacité et non parce qu’il est prêt à toutes les concessions pour rallier tout le monde et n’importe qui.

    Pour autant, quelle que soit cette volonté de rassembler le plus large possible, celle-ci s’adresse aux citoyens et non aux partis politiques. Le Centre n’a jamais vocation à gouverner avec tous les partis politiques sur base d’un accord ad minima (sauf si le pays est en danger), il a toujours vocation à gouverner avec tous les partis politiques qui partagent ses idées et ses valeurs. Le Centre n’a jamais vocation à rallier tous les partis politiques mais il propose un projet de société auquel peuvent toujours se rallier tous les partis politiques qui sont d’accord avec son contenu.

    Assimiler le Centrisme à l’union nationale n’est pas lui rendre service, au contraire. Cela fait du Centrisme une coquille vide qui se remplirait des idées communes de la Droite à la Gauche et qui deviendrait son corpus politique, démontrant ce que ses adversaires prétendent, qu’il est un opportunisme politique grappillant de chaque côté de l’échiquier politique quelques mesures démagogiques. Bien au contraire, le Centrisme est une pensée forte autour de valeurs fortes et de principes de gouvernement forts.

     

    Alexandre Vatimbella

     

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