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L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie, c’est le respect de l’humain

On voit bien que les vieilles définitions de la démocratie ne fonctionnent plus depuis quelques années.

Ce n’est pas parce qu’elles sont devenues obsolètes avec l’évolution des sociétés démocratiques mais parce qu’elles étaient déjà, à l’origine, déficientes ou partielles.

Elles oubliaient l’élément fondamental: l’humain.

Oui, je sais, beaucoup vont me dire que l’humain est partout dans ces définitions, d’Aristote à Rawls, de Spinoza à Rousseau, de Locke à Hegel.

Mais, d’une part, cet humain demeurait très souvent désincarné, comme un critère ou une référence, un fondement objectivé plus qu’un sujet.

Et, d’autre part, l’assise qui était choisie était ses droits (et ses devoirs) naturels ou non.

Or si ceux-ci sont évidemment primordiaux pour donner une existence réelle à la démocratie, ils sont la conséquence de la raison de l’existence de la démocratie et non pas sa cause.

De même, la fameuse définition d’Abraham Lincoln dans son adresse de Gettysburg, «le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple» donne une prééminence à cette notion de «peuple» dont la définition est souvent difficile et dont certains s’emparent au profit d’une multitude ou d’une populace qui prétendent incarner ce peuple par une mystification des plus dangereuses.

Et, surtout, ils donnent à ce «peuple» des pouvoirs extraordinaires, ce qu’il ne saurait avoir, ni sur lui-même, ni sur une partie de lui-même, ni sur un seul de ses représentants.

Et si la démocratie se caractérise par la liberté, l’égalité et la fraternité, voire par une poursuite d’un bonheur personnel à la définition hypothétique comme nous le rappelle Kant, en réalité, la notion fondamentale est respect de l’humain, tant pris individuellement en tant que personne, que collectivement, en tant que communauté.

Cela signifie, concrètement que le respect empêche toute remise en cause de la démocratie dont on ne saurait priver un seul individu vivant ou à naître qu’il soit membre d’une majorité, d’une minorité ou qu’il soit tout seul.

Ainsi, le peuple, par exemple, ne peut être autorité légalement à remettre en cause la démocratie même par son vote, qu’il soit majoritaire ou unanime.

De même, il ne peut priver une majorité ou une minorité de ses membres, voire un seul d’entre eux de ses droits à vivre démocratiquement.

Mais qu’est-ce que ce respect si fondamental pour une démocratie, pour l’existence libre et dans l’égalité et la fraternité, d’un individu.

Respecter l’autre, celui avec qui je vis, qu’il soit mon voisin ou un habitant d’une contrée lointaine, c’est respecter ce qu’il est dans sa ressemblance et sa différence avec moi, c’est lui accorder les mêmes droits que je m’accorde, lui demander les mêmes devoirs et la même responsabilité qui en découlent, vivre en bonne intelligence avec lui dans la liberté, la solidarité, la tolérance, c’est le considérer comme mon égal, c’est lui garantir sa dignité comme il me garantit la mienne.

Respecter l’autre, c’est appliquer effectivement et concrètement les valeurs humanistes que porte le Centrisme.

Oui, ce respect est à la base de la démocratie républicaine, à la base de la reconnaissance de l’individu mais aussi de l’existence d’une communauté au lien social solide et d’un bien commun démocratique.

Or, on comprend bien que ce respect ne peut être complètement organisé par des règles mais doit émaner de cette empathie que nous avons tous pour nos semblables et qui doit prendre le pas sur nos craintes existentielles.

Mais, tout aussi important l’intérêt de chacun de nous est que le respect soit au centre des relations sociales.

Si, en respectant l’autre, je suis respecté, alors je suis, non seulement, en sécurité mais en capacité de réaliser mon existence plus facilement que dans le cadre d’un affrontement constant et destructeur avec l’autre, avec sa volonté et son intérêt qui se télescopent constamment aux miens.

Le jour où chacun respectera l’autre alors nous toucherons certainement au plus près de ce qui est l’idéal démocratique et l’achèvement républicain.

Ce n’est sans doute pas une mince affaire que de parvenir à une société du respect car il ne se décrète pas et ne s’instaure pas avec un simple claquement de doigt.

Ce comportement respectueux requiert des personnes conscientes de son incontournabilité, c'est-à-dire qui seront conscientisées à respecter l’autre parce qu’il y va de leur intérêt.

Dès lors, il s’apprend, il se promeut et sa pratique se récompense.

Aujourd’hui, non seulement ce n’est pas le cas et ce qui est encore plus scandaleux et plus décourageant, c’est que l’on n’essaye même pas de paver un chemin qui y mène.

 

 

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