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L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Bonne année 2019 à l’Europe qui en a bien besoin!

2019, l’année où l’Europe sombrera ou alors celle où, tel le phénix, elle renaîtra, non de ses cendres – elle n’est pas encore totalement consumée! –, mais d’un début de décomposition?

Il est trop tôt pour le dire et, sans aucun, doute, les élections au Parlement européen de mai prochain donneront une idée forte sur l’avenir de cette Union européenne mal en point, il faut en convenir, attaquée de toute part, tant à l’intérieur de son espace qu’à son extérieur par les extrémismes et les populismes, par les démagogues, les autocrates et les dictateurs.

Tout autant que le Brexit qui est, a priori, dans sa phase finale de mise en place qui devrait débuter en mars prochain avec la possibilité qu’il n’y ait aucun accord entre le Royaume Uni et l’UE, provoquant des inquiétudes face à un processus non-maîtrisé (mais qui serait, avant tout, un danger pour les Britanniques).

Disons tout de suite, sans doute au grand dam de tous ses adversaires acharnés, qu’elle ne disparaîtra pas, non seulement, parce que les procédures gigantesques à mettre en branle pour solder les comptes prendraient des années, mais parce qu’il n’y a pas cette volonté parmi l’énorme majorité des pays qui la composent.

En revanche, elle peut devenir une sorte de «machin», pour paraphraser le mot De Gaulle sur l’ONU, et se déliter de plus en plus dans les années à venir pour n’être plus qu’un club de rencontres aléatoires et avec de moins en moins de pouvoir, voire un conglomérat d’Etats dans l’enceinte duquel les pires penchants nationalistes s’affronteraient, rappelant la triste existence de la Société des Nations de l’entre-deux-guerres.

Pour nous, humanistes, démocrates, républicains, centristes, ce n’est pas souhaitable, ce n’est pas acceptable.

Ce n’est pas acceptable parce que l’Europe bâtie après le carnage et la bestialité de ce que certains historiens appellent désormais la Guerre mondiale 1914-1945, grâce à quelques personnalités exceptionnelles, de Monnet à Schuman en passant par De Gasperi, et au appels lancés depuis des siècles pour la construire, de Richelieu à Briand en passant par Kant et Hugo, n’est pas seulement un espoir mais un devoir, pour nous, Européens, qui avons déclenché ce conflit au presque 100 millions de morts, qui avons permis la solution finale en reculant face aux dictateurs et aux criminels qui les soutenaient ainsi qu’à toutes les désolations et violences qu’ils ont commises.

Oui, l’Europe n’est pas une option de ce point de vue, c’est un devoir de responsabilité pour que, plus jamais, ne survienne l’indicible.

Bien entendu, c’est aussi l’espoir que, demain, dans une fraternité, les peuples européens soient unis dans la paix et la prospérité grâce à un système fédéral où cette fameuse et incroyable «culture européenne» qui existe depuis les Grecs et les Romains soit enfin le ciment de l’union, prenant la place de toutes les mesquineries et petitesses qui ont édifiées des murs de pacotilles mais pourtant solides entre des individus partageant les mêmes valeurs, les mêmes principes de vie, les mêmes aspirations.

Nous n’avons pas le droit, en regard de l’Histoire et du sacrifice de tant de nos ancêtres et, surtout, en regard de l’avenir de nos enfants, des enfants de nos enfants, de détruire cette œuvre, certes imparfaite mais qui a l’énorme mérite d’exister, de paix, d’union et de liberté.

Alors, oui, il faut non seulement souhaiter une bonne année 2019 à l’Europe, mais un bon XXI° siècle et même un bon deuxième millénaire parce qu’il en va de l’avenir de toute l’Humanité.

 

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