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  • 2010: Barack Obama, centriste dans ses bottes


    Barack Obama, en à peine deux ans de pouvoir (qui seront fêtés le 20 janvier prochain), a déjà été divinisé autant de fois qu’il a été enterré dans la fosse commune des idoles déchues… La dernière période de ces retournements autant incongrus que stupides des médias et de l’opinion publique aux Etats-Unis et dans le mondes s’est déroulée entre le 2 novembre et le 25 décembre.

    Le lendemain de la défaire du Parti démocrate aux élections de mi-mandat, le cercueil est prêt. Pour certains, c’est même dans un vulgaire sac qu’il faudrait balancer Obama dans les poubelles de l’histoire. Et ceux-ci ne sont pas seulement à l’extrême-droite mais se trouvent également du côté de la gauche radicale.

    La cérémonie lugubre de l’enterrement va s’ouvrir lorsque les victoires s’accumulent pour le président des Etats-Unis au Congrès pendant la période de Noël avec le vote de plusieurs mesures législatives tout aussi emblématiques qu’importantes.

    Dans le même temps, les économistes américaines parlent d’une possible croissance beaucoup plus forte en 2011 grâce aux plans de relance et de soutien à l’économie mis en place par la Maison blanche ainsi que du compromis trouvé entre le président et les élus républicains sur les baisses d’impôts et les allocations chômages pour les demandeur d’emploi de longue durée en fin de droit.

    Barack Obama est mort, vive Barack Obama!

    Médias et opinions publiques louent à nouveau les capacités de rebond de ce président décidément imprévisible. En réalité, ce n’est pas son imprévisibilité qui est la cause du ridicule des commentateurs mais leur incapacité à prendre la mesure d’un homme (et certainement pas d’un surhomme…) qui ne fait que faire ce qu’il a dit qu’il ferait et qui s’y tient globalement.

    Car Barack Obama, avant d’être un homme de réformes, est un homme de méthode. Et la méthode Obama est bien connue, il faut proposer puis discuter et prendre une décision dans le consensus, c’est-à-dire avec les compromis nécessaires pour contenter le plus de personnes possibles (et non tout le monde comme le disent certains, ceci étant toujours impossible).

    A la décharge de ces commentateurs frappés de cécité, il faut dire que les républicains – qui avaient bien pris la mesure d’une méthode qui risquait de les renvoyer dans les limbes oppositionnelles pour huit ans au moins – ont décidé de jouer le pire et l’affrontement dur sans aucune concession, une posture qui n’a évidemment pas permis de mettre en œuvre cette méthode. Car, pour parler et faire des compromis, il faut être au moins deux.

    Toujours à la décharge de nos commentateurs, le Parti démocrate a également joué un rôle dans le refus du compromis, s’estimant légitime avec ses majorités au Sénat et à la Chambre des Représentants de faire ce qu’il avait envie de faire sans besoin de se rallier des élus républicains.

    Enfin, les mouvements d’extrême-droites et populistes ont lancé, grâce à des généreux donateurs et propagandistes (comme Rupert Murdoch, propriétaire, entre autres, de la chaîne radicale de droite, Fox News), des attaques violentes et puantes contre le président des Etats-Unis, pires que celles que Clinton avaient eues à subir lors de sa présidence, pires même que celles qui avaient été menées comme Franklin Roosevelt ou Harry Truman.

    Cependant, de son côté, Barack Obama est demeuré centriste dans ses bottes.

    Même s’il a été agacé par les insultes outrancières dont il était l’objet ainsi que de la désinformation qui frappait chacune de ses initiatives, il a continué et il continue à promouvoir la discussion, le consensus et le compromis pour faire avancer les réformes dont les Etats-Unis ont besoin face aux énormes défis qui se présentent aux pays en ce début de XXI° siècle.

    Car, l’entière posture de Barack Obama est centriste. Bien entendu, certaines de ses positions sont plus à gauche, mais d’autres sont plus à droite, ce qui permet d’ailleurs à la Droite et à la Gauche leurs attaques.

    Dans les deux années qui lui restent pour terminer son premier mandat, Barack Obama va devoir gérer une situation qui ne devrait pas le gêner par rapport à ses convictions politiques. Evidemment, tout dépendra de ceux qui voudront discuter et gouverner avec lui. Néanmoins, au jour d’aujourd’hui, rien n’est venu contredire cette constatation simple: Barack Obama est profondément centriste. Comme il l’a toujours écrit. Comme il l’a toujours dit.

     

    Alexandre Vatimbella

     

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  • 2011, l’année de tous les défis pour le Centre


    En 2011, la crédibilité du Centre sera en jeu. Ainsi que sa capacité à peser sur l’élection présidentielle de 2012 (et à en récolter les fruits lors des élections législatives).

    Mais 2011 est aussi une année d’espoir pour les militants et les électeurs centristes. Ceux-ci attendent enfin une refondation qui permettrait à leurs idées d’avoir beaucoup plus de poids et aux partis à qui ils accordent leur confiance de peser sur la vie politique française.

    La situation actuelle du Centre est un clair-obscur qui recèle des potentialités mais également d’énormes risques.

    L’année qui s’achève a vu les centristes sur le devant de la scène politique mais leurs petites querelles et leurs divisions ont encore été plus importantes que leurs projets communs. Les leaders des différentes formations ont pu formater des discours dans lesquels ils prenaient acte de la nécessité d’une refondation du Centre tout en la remettant au lendemain.

    Justement, le lendemain, c’est 2011…

    On va être fixé très vite sur les réelles volontés en la matière puisqu’un rapprochement entre le Nouveau centre et le Parti radical pourrait être acté dans le courant du mois de février. Ce rapprochement pourrait prendre la forme d’une confédération, de la création d’un nouveau parti ou d’une simple déclaration de bonnes intentions. Cette dernière option est pour l’instant la plus vraisemblable.

    Cependant il ne s’agira, au mieux, que de la première pierre de la réunion des centristes de la majorité présidentielle. Il faudra, ensuite, que les autres centristes de cette majorité s’agrègent (ceux de l’UMP et la Gauche moderne), d’une façon ou d’une autre, à cette initiative afin de lui donner le poids nécessaire.

    Ensuite, ce sera au tour de la réunion de tous centristes qui devra être menée. On peut estimer qu’il sera possible d’aboutir avec l’Alliance centriste de Jean Arthuis si l’initiative des centristes de la majorité présidentielle a une réelle visée d’indépendance. De même avec Cap 21 de Corinne Lepage. En revanche, la possibilité de voir le Mouvement démocrate participer à cette refondation centriste est beaucoup plus aléatoire.

    François Bayrou, qui s’est recentré (au moins dans le discours) affirme bien qu’il est pour une telle refondation tout en ajoutant qu’elle se fera autour de lui et dans le Mouvement démocrate. C’est une façon de fermer la porte à tous ceux qui n’y sont pas favorables, c’est-à-dire tous les autres partis centristes sans exception!

    En revanche, l’organisation de primaires pour désigner un candidat unique du Centre pour les présidentielles pourrait permettre de contourner les antagonismes, notamment celui, très exacerbé, entre le Nouveau centre et le Mouvement démocrate. Bien sûr, à l’inverse d’Hervé Morin, François Bayrou a rejeté ce mode de désignation pour l’instant. Néanmoins, il pourrait être forcé à y participer s’il existe une forte pression de la base centriste et des sondages.

    Restera alors à convaincre les Radicaux de gauche qu’il y a là une chance historique de permettre à toutes les composantes du Centre de peser sur la politique française.

    Il est, c’est vrai, plus facile d’écrire un tel scénario que de le réaliser. Reste que l’absence de résultat sur cette question fondamentale pour l’avenir du Centre dans les prochaines années serait catastrophique pour le Centrisme et sa crédibilité vis-à-vis des citoyens. Et pendant ce temps, la politique de la France se ferait sans aucune capacité du Centre à réellement peser sur elle au moment où tant de défis capitaux pour l’avenir du pays sont à relever.

    Il est bien évident que la refondation centriste devra s’appuyer pour être pérenne sur une vision commune, sur un projet commun, sur une plateforme électorale commune. Bizarrement (ou non!), les diverses positions sont moins conflictuelles dans ce domaine que les querelles de personnes… Les réflexions programmatiques ont commencé dans tous les partis mais elles prendront une importance au cours de 2011 à l’approche de la présidentielle. La volonté de toutes les composantes centristes de donner un tour plus social à la politique gouvernementale et à lutter contre les déficits des finances publiques ainsi que pour réformer en profondeur la fiscalité sont des bonnes bases de travail.

    L’année qui vient ne se limitera cependant pas à la seule préparation de 2012 au niveau électoral. Les élections cantonales et sénatoriales montreront déjà si le Centre peut s’unir et/ou peser sur le futur du Sénat. Assez présents au Palais du Luxembourg, les centristes pourraient devenir le groupe pivot encore plus qu’actuellement puisque la Droite devrait perdre des sièges et la Gauche en gagner. Une position qui pourrait leur permettre d’influencer davantage sur les orientations politiques de la haute assemblée.

    Il y a un autre défi que devra relever le Centre… celui de ne pas se faire phagocyter par la Droite et la Gauche. Avec la proximité des présidentielles, les appels du pied ne vont pas tarder ainsi que les tentatives de débauchage. Ne soyons pas naïfs, certains réussiront car les opportunistes existent dans chaque camp et donc chez les centristes aussi (même si les mauvaises langues diront, «surtout» !). La faculté de résistance du Centre à ces sirènes intéressées montrera également la capacité des centristes à se considérer comme une vraie force politique autonome.

    Alexandre Vatimbella

     

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  • L’humanisme du Centre, c’est aussi garantir la dignité humaine par la solidarité


    Le philosophe chinois Mèng Zì (380-289 av. J-C) affirmait que toute personne digne de ce nom qui passerait près d’un puits où était tombé un enfant, secourrait immédiatement celui-ci. Ceci démontrait, selon lui, notre capacité morale à aimer les autres. Depuis, les scientifiques ont mis en lumière notre faculté naturelle à aimer et notre aptitude empathique. Mais à quoi servirait-il de sauver cet enfant (solidarité primaire) si, après, ce dernier devait mourir de faim car trop pauvre pour se nourrir (solidarité secondaire). Gageons que la personne digne de ce nom en question lui donnerait à manger et, confrontée à une détresse réelle et proche, ferait en sorte que cet enfant puisse manger tous les jours à sa faim. Voilà un exemple de solidarité que personne ne peut rejeter à moins d’être absolument cynique.

    Dès lors, se pose la question suivante: les enfants doivent-ils vivre dans des conditions décentes? Je ne pense pas que quelqu’un d’intelligence normale et possédant un minimum d’honnêteté et de compassion puisse répondre par la négative. Pour que ces enfants puissent vivre dans des conditions décentes, il faut que leurs parents le puissent également (sauf à retirer les enfants pauvres à leurs parents, ce qui, pour quelqu’un d’intelligence normale et possédant un minimum d’honnêteté et de compassion n’est pas acceptable moralement et affectivement).

    Pour que ces parents puissent vivre décemment, il faut qu’ils puissent avoir un cadre de vie décent, donc un revenu décent. De telle sorte qu’une société humaine ne peut se désintéresser collectivement du sort de ces enfants, c’est-à-dire qu’elle doit s’assigner comme un de ses buts que ceux-ci vivent tous dans des conditions décentes et puissent bénéficier des mêmes chances dans la vie. Dès lors, nous aboutissons au principe de solidarité active (faire quelque chose pour les autres) qui se différencie d’une solidarité passive (ne rien faire qui puisse nuire aux autres).

    Pour autant, chacun de nous ne peut pas résoudre, à lui tout seul, le problème de la pauvreté touchant les enfants et leurs parents. D’une part, parce que, si nous pouvons conceptualiser la pauvreté dans le monde, celle-ci ne nous touche pas directement. Heureusement d’ailleurs car nous ne pourrions pas vivre en supportant un tel fardeau. Nous pouvons en revanche, appréhender concrètement la pauvreté des personnes qui vivent autour de nous et donc aider directement l’enfant que nous voyons tous les jours et le sauver si celui-ci est en danger. Mais tout le monde n’a pas les moyens matériels de nous occuper de lui sur le long terme.

    Dès lors, la solution à la solidarité secondaire et à la solidarité active sur une large échelle ne peut être que collective et communautaire.

    Cette solidarité secondaire et active est une mission de toute société développée qui se refuse à vivre uniquement sur les rapports de force et la loi du plus fort. C’est également une des bases du projet humaniste du Centre. Pour celui-ci la solidarité doit permettre de ne laisser personne sur le bord de la route.

    La société est la structure naturelle qui doit organiser cette solidarité active sur une large échelle. Soit elle gère la solidarité venant de tous ses membres et, si c’est nécessaire, fait acte de redistribution. Cette option est évidemment plus adaptée à une société simple. Soit la société se substitue, à leur demande, à ses membres en prélevant des sommes chez ceux qui sont les plus riches pour les redistribuer aux plus pauvres par le biais de l’impôt. Cette option est évidemment plus adaptée à une société complexe.

    Pourtant, au-delà de notre empathie pour les autres qui est une des marques de notre humanité, nous devons résoudre la question du pourquoi de cette solidarité des plus riches vers les plus pauvres. La première interrogation à laquelle nous devons répondre est: est-ce immoral de devenir riche? Sur le fond non. Bien sûr, une deuxième interrogation se fait jour: peut-on s’enrichir n’importe comment? Ici, la réponse est non. Cependant, si une personne respecte les lois, rien n’est immoral dans son enrichissement. Si, donc, quelqu’un possède la capacité de devenir riche, au nom de quelle obligation devrait-il redistribuer plus que quelqu’un qui est moins riche? (sont exclus ici les plus pauvres à qui va cette redistribution). Car si le plus riche doit donner plus, la raison en est souvent… qu’il gagne plus! Or, gagner plus n’oblige pas, a priori, à un effort plus grand de solidarité.

    Toute cette démonstration serait exacte si les individus étaient, dès leur naissance, autonomes et ne devaient pas être pris en charge par la société pour vivre et se développer. De même, cela serait encore exact, si chacun de nous avait, à la naissance, une chance égale de réussir notre vie ce qui n’est pas le cas comme l’a démontré fort justement l’Américain John Rawls. En outre, il faudrait également que cet enrichissement ne soit pas du à des interactions avec les autres, c’est-à-dire que celui-ci se passe, si ce n’est en dehors de la société, en tout cas sans lien avec l’organisation sociale. Car, si l’enrichissement de l’individu se réalise grâce à la société, alors celle-ci est naturellement en droit de demander à celui qui profite plus de la société qu’un autre un devoir de redistribuer des sommes plus élevées.

    Ce que les tenants d’une autonomie totale de l’individu, et donc du droit à devenir riche et à profiter de cette richesse entièrement sans aucune obligation sociale de redistribution, tentent de réfuter, c’est ce lien incassable de celui-ci avec la communauté humaine. Cependant, ce que les tenants d’une insertion totale de l’individu dans la société, et donc de son obligation à contribuer le plus possible à une redistribution de ses gains, tentent de réfuter c’est la condition indépassable de l’individu faite d’une liberté dans la différence qui lui donne le droit de mener sa vie à sa façon et donc de devenir honnêtement riche s’il le veut et s’il le peut.

    Nous avons donc une personne qui ne peut prétendre s’extraire de la communauté humaine à qui il doit son existence et son développement mais qui ne peut être réduite à un simple pion de cette communauté ayant, ontologiquement, une condition libre et une revendication indiscutable à la différence.

    Dès lors, c’est dans une logique de juste équilibre que l’on peut résoudre ce paradoxe de la société et de l’individu qui est une des pierres d’achoppement du libéralisme et l’organisation d’une société postmoderne. Et cette logique a pour base l’être humain qui est le sujet indépassable de toute société humaine, son alpha et son oméga. Assurer la sécurité de ses membres est sa première mission. Mais celle-ci n’est pas limitée à empêcher les criminels d’agir. Elle doit aussi leur garantir une vie décente en leur fournissant un travail qui leur apporte le revenu nécessaire à une existence libre et digne. Et, quand ce n’est pas le cas, de pouvoir aider ceux qui ne parviennent pas à ce revenu, soit parce qu’ils sont les accidentés de la vie, soit parce qu’ils ont des handicaps. Une aide qui n’a pas vocation à faire de ces personnes des assistés ad vitam aeternam mais qui leur permettre de retrouver leur autonomie perdue par les aléas de l’existence.

    Bien entendu, cette sécurité ne doit pas annihiler toute volonté, toute envie de se surpasser. Ici, le juste équilibre permet de résoudre la problématique en assurant à ceux qui veulent faire plus que nécessaire et être les moteurs principaux du développement de la société de pouvoir agir et de récolter les fruits de leur labeur tout en les insérant dans un lien social où leurs succès ne peuvent être acquis contre la société mais acquis avec la société et pour lui-même et la société.

    Mais tout cela doit se faire dans la réalité et de manière pragmatique. Car si les grands principes sont posés ils doivent constamment s’adapter au concret avec la mise en pratique constante du juste équilibre. Les périodes de crise doivent permettre de mettre le curseur un peu plus sur la solidarité et les périodes de croissance forte sur celui d’une plus grande libéralisation de l’initiative individuelle et de la jouissance personnelle des fruits qu’elle peut apporter.

    Cependant, sans ceux qui entreprennent, il ne peut y avoir de redistribution pour ceux qui en ont besoin à un moment de leur existence. C’est un principe des vases communicants qui n’a pas trouvé de meilleures organisation jusqu’à aujourd’hui. Les pauvres ne peuvent être aidés que par la richesse produite par d’autres. Et celle-ci ne peut l’être que par des personnes prêtes à entreprendre. On peut s’en réjouir ou le regretter, selon sa vision de l’organisation de la société, mais on ne peut le nier. Alors, autant s’en servir pour faire le maximum de bien.

     

    Alexandre Vatimbella

     

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