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La France Réconciliée - Page 72

  • Le Centrisme a gagné la bataille des idées… il lui faut maintenant gagner les batailles de l’action

    Depuis toujours les Centristes prônent des politiques modérées et équilibrées, non pas parce qu’ils sont frileux, mais parce qu’ils sont responsables. Confucius et Aristote en faisaient autant pour la même raison. Si Bill Clinton a créé la Third way (la Troisième voie reprise ensuite par Tony Blair et théorisée par son «maître à penser» Anthony Giddens), c’est qu’il était parvenu à la même conclusion : seule une politique consensuelle et dont tout le monde partage les fruits est la politique de l’avenir parce qu’elle est aussi la politique du passé et du présent, celle où l’on revient toujours, parce celle qui donne les meilleurs résultats. Les Centristes savent que les politiques extrêmes jouent constamment avec le feu et que les pots cassés sont ensuite toujours payés par les mêmes : les peuples et, en particulier, les citoyens les plus pauvres. Ce fut ainsi le cas en France avec cette fameuse relance par la consommation et les nationalisations après la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981. Ce fut encore le cas avec la politique de dérégulation et de baisse des impôts aux Etats-Unis de 2000 à 2008 avec George W Bush. L’expérimentation de quelques apprentis sorciers sur l’économie réelle de leurs idéologies à courte vue produit toujours des catastrophes que ceux-ci font payer à toute la population. Il est à espérer que la crise économique et financière mondiale dans laquelle ces dangereux expérimentateurs nous ont mené avec, souvent, notre assentiment (tout au moins tacite), fasse prendre conscience que la politique n’est pas une roulette russe mais une action réfléchie et responsable qui ne crée pas des miracles mais donne des résultats par une gestion efficace de la société. Il est malheureusement à craindre que le « business as usual » ne revienne en force après la sortie de la crise si nous continuons à croire n’importe quel camelot qui se présente devant nous comme un « expert » qui connaît la « vérité » et qui propose de raser gratis.

    Non pas que nous devions demeurer inactifs – ce qui serait la pire des postures – mais nous devons agir en sachant d’où nous venons et où nous voulons aller. Gober que l’on peut avoir le beurre, l’argent du beurre, la laitière, la vache et le pré où elle a brouté est une envie humaine naturelle mais irresponsable, pire, que nous savons irresponsable. Fixer des objectifs réalistes par des actions réfléchies pour construire une société équilibrée, telle doit être la règle politique première. Bien sûr, la mise en place de politiques centristes comme aux Etats-Unis en temps de crise aussi profonde recèle un gros danger : que la population mélange la maladie et son traitement et les mettent dans le même sac. Car les mesures prises par Barack Obama ne vont pas donner des résultats demain matin. La destruction a été si forte suite à la politique en faveur des riches (voire des très riches) de Bush junior qu’il va falloir du temps pour que la situation s’améliore. Et nous savons que la patience n’est pas la qualité première des peuples. Et on peut les comprendre d’un certain côté puisqu’ils sont généralement ceux qui souffrent de l’irresponsabilité de quelques dirigeants. Mais s’ils peuvent se plaindre, ils ne doivent pas oublier qu’ils ont élus leurs dirigeants et que s’ils ne veulent plus être les dindons de la farce, ils n’ont qu’à s’investir plus fortement dans la politique et devenir des électeurs responsables. Sans électeurs responsables, pas de dirigeants responsables mais des populistes démagogues souvent incompétents…

    Maintenant que nous savons que les politiques idéologiques de la Droite et de la Gauche conduisent inexorablement à la faillite politique et économique avec des conséquences sociales désastreuses, maintenant que nous savons que seule une politique centriste pragmatique (et non une politique au centre qui, néanmoins, est toujours mieux que rien) est efficace parce qu’elle est modérée, équilibrée et mis en pratique par des personnes responsables, il ne reste plus qu’à élire ceux qui la mettront en place. Les Américains l’ont fait (sous réserve du droit d’inventaire), à nous de le faire en Europe et plus particulièrement en France.

    Alexandre Vatimbella

  • Les enfants devront toujours «payer» pour leurs parents… et c’est normal !

    Partout, de Barack Obama à François Bayrou, de Nicolas Sarkozy à Angela Merkel, de Gordon Brown à Ségolène Royal, le thème à la mode des leaders politiques, repris par la presse sans véritable esprit critique, est que notre responsabilité envers les générations futures doit être au centre de nos décisions. Ils viennent, tous en cœur, nous expliquer que nous ne devons pas laisser à nos enfants des dettes en tout genre qui mettront en péril leur avenir radieux. Beau thème consensuel d’un monde harmonieux s’il en ait mais particulièrement hypocrite et totalement irresponsable ! Si l’on suit cette logique jusqu’au bout, cela veut dire que nous ne devons jamais agir puisque chacune de nos actions a des conséquences pour le futur, conséquences parfois « négatives » (souvent cette caractéristique étant indécelable au moment de la prise de décision) mais néanmoins incontournables si nous devons construire le présent et le futur. Par exemple, l’idée que nous ne devons pas laisser de déficits des finances publiques voudraient dire qu’il ne faut jamais dépenser en s’endettant dans l’espoir de récolter des fruits meilleurs, alors que l’humanité agit ainsi depuis la nuit des temps parce qu’il s’agit de la seule façon d’améliorer notre existence mais aussi, tout simplement, de la garantir. Car la prise de risque est inhérente à notre présence sur terre. Sans risques, pas de progrès et pas d’amélioration de nos existences. Le risque est à la fois individuel et collectif. Quotidiennement, chacun de nous prend des risques et toute communauté en fait de même. Des risques immédiats mais aussi des risques pour le futur.

    Ce thème a une origine, « l’éthique de responsabilité » de Hans Jonas, un philosophe américain d’origine allemande qui était hanté par la responsabilité de nos actions sur le futur et qui préconisait une attitude pessimiste face à l’avenir. Philosophe à la mode dans le milieu des prophètes de la fin du monde, il a notamment inspiré le fameux « principe de précaution » que le démagogue Jacques Chirac a fait inscrire dans la Constitution et dont la plupart des membres de la communauté scientifique estiment qu’il est une hérésie puisqu’il veut éliminer le risque à la base de toute avancée de l’humanité. Cette éthique de responsabilité ressemble fort à de l’irresponsabilité et le principe de précaution à la peur d’agir. Croire en une évolution naturelle du monde qui serait harmonieuse revient à déifier la nature alors que nous nous battons depuis l’apparition de l’humain pour qu’elle ne nous élimine pas…

    Vouloir éviter tout risque et tout héritage négatif pour les générations futures est une douce utopie et une négation de la vie. D’autant qu’il nous est le plus souvent impossible de mesurer nos actions sur le futur. Parfois, ce que nous pensons être des actes qui auront des conséquences négatives, en ont des positives et inversement. De même, la science se trompe et ses hypothèses se trouvent contredites par d’autres. Ce que nous ne devions pas faire la veille, devient ce que nous devons faire le lendemain… Les êtres humains ne sont pas Dieu et ils ne maîtrisent pas la vie. Empêcher la prise de risque ne nous aurait jamais fait sortir de la préhistoire et d’une vie végétative où notre seule préoccupation serait la survie… Dès lors, nos enfants devront «payer» pour les bêtises que nous pourrions commettre et… c’est normal ! Oui, c’est normal au sens de normalité - et non dans ce drôle de sens où la normalité signifierait le bien - parce que nous prenons des décisions pour assurer notre vie et celle de nos enfants et que nous pouvons nous tromper. Et que nos parents ont fait de même et que nous payons pour eux qui ont payé pour les décisions de nos grands-parents et ainsi de suite jusqu’aux premiers êtres humains. Prenons le cas de la crise économique et financière mondiale actuelle. Beaucoup de Républicains, aux Etats-Unis, ont affirmé que s’ils n’avaient pas voté le plan de relance de Barack Obama, c’était pour ne pas grever le futur des générations futures avec des déficits abyssaux des finances publiques (en oubliant que c’est parce qu’ils ont refusé d’appliquer des règles de contrôles que la situation financière a dégénéré et qu’ils sont responsables des conséquences sur les générations futures alors qu’ils pensaient, au contraire, assurer leur bien-être matériel pour toujours…). C’est le discours, en particulier, de John McCain, l’ancien adversaire républicain d’Obama à l’élection présidentielle. Mais, si nous ne faisons rien, alors tout va s’écrouler et le futur de nos enfants sera encore plus en danger. Où est l’irresponsabilité ? Dans l’agir ou dans le non-agir ? Ce serait tellement plus facile de ne jamais prendre de décisions, de n’être responsable de rien et de laisser la vie agir à notre place et de dire à nos enfants : « vous voyez, nous n’avons pris aucune décision, nous vous laissons le monde comme nous l’avons trouvé et, surtout, ne touchez à rien ». Il y a fort à parier que quelques générations plus tard l’humanité n’existerait plus. On objectera que l’on a qu’à prendre des décisions dont nous sommes absolument sûrs qu’elles seront positives. Le seul problème c’est que nous ne pouvons jamais le savoir sauf pour une infime minorité ce qui revient à peu près à ne rien faire… et à notre disparition programmée. Sans oublier les milliards de gens qui, aujourd’hui encore, ne mangent pas à leur faim et meurent jeunes de maladies dues à la pauvreté. Allons donc leur expliquer que la vie n’est pas un risque et qu’il vaut mieux ne rien faire en attendant la mort…

    La responsabilité et le respect des autres sont deux des principales valeurs que nous devons appliquer quotidiennement. Mais la responsabilité, ce n’est pas le pessimisme attentiste et le respect ce n’est pas la peur d’agir. C’est tout le contraire.

     

    Alexandre Vatimbella

  • Le respect, vraie valeur révolutionnaire

     

    Si l’on considère qu’une révolution établit un nouvel ordre des choses sans retour en arrière, alors le respect est bien une valeur révolutionnaire et, de plus, la condition obligatoire de l’exercice effectif de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. C’est aussi, sans doute, pourquoi nous en sommes si loin…

    Le couple star des Français, est la liberté et l’égalité. Ces deux valeurs se trouvent plus ou moins à égalité dans leurs cœurs ce que confirment la plupart des sondages de ces dernières années. Ainsi, 52% des personnes interrogées par l’avant dernier baromètre du Cevipof (Centre de la vie politique française) avaient placé l’égalité avant la liberté et 48% avaient mis la liberté avant l’égalité. La dernière vague de ce baromètre a inversé les résultats puisque les Français ont placé la liberté en premier pour 52% d’entre eux et 47% choisissent l’égalité (1% ne se prononçant pas…). L’un dans l’autre, on voit bien que liberté et égalité sont les deux faces d’une même vision politique de la population de notre pays.

    On peut compléter ces résultats par un sondage effectué par la Sofres pour le magazine Télérama voici quelques mois. Ici, les trois valeurs de la devise de la Frances ont été prises en compte : liberté, égalité, fraternité. Le choix des Français a été plus radical encore puisque la liberté a remporté avec une large avance les suffrages de 52% des Français qui ont estimé qu’elle est la plus importante du trio, devant l’égalité (30%) et la fraternité (16%). Cependant ils pensent qu’aujourd’hui le terme le plus menacé est l’égalité (80%) devant la fraternité (69%) et la liberté (59%). Et c’est pourquoi ils demandent à 55% qu’une politique plus égalitaire soit mise en place contre seulement 38% une politique plus axée sur la liberté.

    En outre, quand on parle de liberté, c’est avant tout la liberté d’expression qui est importante (66%) devant la liberté d’aller et venir (17%) puis, loin derrière, la liberté d’entreprise (6%), la liberté de culte (4%), la liberté syndicale (3%) qui ferme la marche en compagnie de … la liberté sexuelle (3%) ! Sans doute, concernant cette dernière, les Français estiment-ils, d’une part, qu’il s’agit d’une pratique privée et que, donc, cette liberté ils la prennent en dehors de la sphère publique sans oublier une sensibilité accrue ces dernières années aux affaires choquantes de viols et, surtout, de pédophilie associés sans doute à tort à cette liberté.

    Pour revenir sur le choix d’une politique égalitaire et sur le fait que selon les Français ce soit l’égalité qui soit la plus menacée dans notre pays, il n’est pas inutile de rappeler que la France est certainement un des pays les plus égalitaires du monde comme l’expliquent la plupart des spécialistes qui se sont penchés sur la question et que les émoluments de certains patrons qui choquent les Français ainsi que les « golden parachutes » qui leur permettent d’être licenciés en empochant des dizaines de millions d’euros voire des centaines sont peu de choses dans l’égalité globale et que ces pratiques sont encore plus développées dans d’autres pays dont, par ailleurs, elles choquent tout autant les populations comme celle des Etats-Unis.

    Ce que le sondage ne demande pas, malheureusement, c’est ce qu’est l’égalité pour les Français. Une égalité des chances ou une égalité des conditions, ce n’est évidement pas la même chance. On sait qu’en général c’est plutôt la première qui est citée mais on sait aussi qu’il y a une très forte tendance en France à vouloir niveler les niveaux des revenus et de promouvoir une égalité synonyme d’uniformisation et, in fine, de système liberticide voire totalitaire tant la différence est le fondement de la liberté.

    La question qui se dégage de toutes ces données c’est, évidemment, comment concilier une envie de liberté et une demande d’égalité couplée avec celle d’une solidarité. Cette question est centrale dans la réconciliation des Français avec eux-mêmes et la société française.

    La réponse se trouve en grande partie dans le quatrième terme que les Français ajouteraient volontiers à la devise nationale : le respect. Car, quand on rentre dans les détails de ce très intéressant sondage de Télérame, on apprend que s’il fallait rajouter un quatrième terme à la devise nationale, les Français choisiraient majoritairement le respect. Un intérêt pour cette valeur que confirme un nouveau sondage réalisé par la SOFRES début 2009 pour le Conseil d’analyse stratégique. Ainsi, les Français estiment que la valeur qui doit être privilégiée dans les années à venir est le respect d’autrui.

    Le respect est fondamental pour créer un lien social fort qui puisse être le terreau de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et, surtout, de leur interpénétration. Mais il faut s’entendre sur le respect qui est un terme à la mode et qui, souvent, n’est qu’une simple revendication individualiste et hédoniste. Partout les gens ont le mot respect à la bouche. Demander à ce que l’on soit respecté est légitime. Demander à ce que tous ses désirs le soient, c’est entrer en conflit avec les désirs des autres et, plus grave, avec l’autre tout court. Ce respect là est irrespectueux…

    Le vrai respect est celui qui prend en compte la réalité de la vie en société. Nous devons vivre avec les autres, plus, nous en avons besoin. Dans ce cadre, nous devons être capables d’appréhender notre liberté par rapport à l’égalité et à la solidarité. Car le respect de l’autre commence d’abord dans celui de sa liberté et dans la tolérance à ce qu’il est. Un respect bien évidemment symétrique pour qu’il soit accepté et acceptable. Une fois ce respect accordé, celui de l’être dans sa globalité demande qu’on lui accorde l’égalité des chances et qu’une solidarité effective existe dans une société qui ne peut être équilibrée que si elle prend en compte la diversité de ses membres et qu’elle vient en aide à ceux qui en ont besoin à un moment donné de leur existence.

    De ce point de vue, le respect n’est pas seulement une revendication égoïste mais bien l’élément central qui permet de rendre effectif la liberté, l’égalité et la fraternité. Respecter ne veut pas dire aimer ni même apprécier l’autre mais seulement le reconnaître dans sa dimension humaine et donc lui accorder ce à quoi l’on estime soi-même être en droit de réclamer à cet autre.

    Une France réconciliée avec elle-même et le monde, ne peut exister que si les Français sont respectueux les uns des autres, que dans une France où le respect est le fondement du lien social et non une France où la revendication à « ses » droits fait office de citoyenneté.

    Alexandre Vatimbella

     

  • « Eux » et « Nous »

    « Eux », ce sont les responsables de la crise. Et « Nous » sommes les victimes de la crise. Le manichéisme a encore une fois frappé. L’irresponsabilité aussi. Car il n’y a pas « Eux » et « Nous », il y a seulement des hommes et des femmes, dans tous les pays du monde démocratiques, qui ont décidé de donner leurs pouvoirs à leurs représentants afin d’agir en leurs noms. Cela s’appelle la démocratie représentative ou, pour certains penseurs comme Sieyès, le système représentatif puisqu’ils estiment que la démocratie, la vraie, est un système où le citoyen prend lui-même les décisions. On appelle ça, de nos jours, la « démocratie directe » par rapport à la « démocratie représentative ».

    Ce n’est pas seulement une bataille de mots pour le plaisir de disserter. Si nous sommes dans un système représentatif, celui qui semble le mieux adapté à une société complexe où la division du travail et le partage des tâches sont une nécessité (non, nous ne pouvons pas être, à la fois, boulanger, boucher, épicier, agriculteur, pompiste et chef de l’Etat !), nous ne sommes pourtant pas les victimes irresponsables des agissements de nos gouvernants comme nous voulons le faire croire quand tout va mal. Ni les victimes innocentes de méchants boursicoteurs ou de va-t-en-guerres dangereux. Car « Nous » avons du pouvoir mais nous ne voulons pas l’exercer. Et, au fil du temps, nous avons réclamé une plus grande indépendance vis-à-vis de la société (cela s’appelle l’individualisme et la « postmodernité ») qui nous permet de nous créer une sorte de sphère indépendante et totalement égocentrique mais aussi une citoyenneté à mi-temps où nous ne nous occupons de ce que nous voulons et, non pas, de ce que nous devons. Car, contrôler nos gouvernants est le devoir des gouvernés. Il ne s’agit pas de leur donner un « mandat impératif » (où un gouvernant-mandataire ne peut prendre que des mesures précises que ses gouvernés-mandants lui ont donné) qui ne peut évidemment pas fonctionner dans un monde complexe où nous ne savons jamais de quoi est fait le lendemain et qui paralyserait le fonctionnement politique et de l’Etat mais de trois choses essentielles dans un système représentatif : nous tenir au courant, savoir pour qui on vote et contrôler le fonctionnement de nos élus.

    Nous tenir au courant, c’est pouvoir s’informer librement et complètement. L’information libre (presse, audiovisuel, livres, débats, discussions, etc.) est la base grâce à laquelle le citoyen responsable sait pour qui il vote. Si nous ne savons pas ce qui se passe autour de nous, quels sont les problèmes, quelles peuvent être les solutions, alors nous ne sommes pas capables de savoir ce que nous voulons. Dès lors, nous voterons pour des gens qui ne défendrons pas nos points de vue mais qui nous proposerons les leurs auxquels nous ne pourrons qu’adhérer, même si c’est a minima, tout en ne sachant pas s’ils sont ou non bons pour nous.

    Savoir pour qui on vote, ce n’est pas croire en telle ou telle personnalité politique. La croyance n’est pas, en matière politique, un fonctionnement rationnel. Bien sûr, nous n’éliminerons jamais ce facteur croyance mais il doit être supplanté par une analyse des capacités et des promesses faites par ceux qui nous demandent de les élire. Si ce travail était fait sérieusement, cela éliminerait beaucoup de démagogues et obligerait les politiques à un travail beaucoup plus sérieux et responsable. Cela nous permettrait aussi d’imposer un certain nombre de nos points de vue.

    Mais, une fois que nous avons voté, notre « travail » de citoyen n’est pas fini comme le croient la plupart d’entre nous qui se muent alors en pauvres victimes irresponsables qui pestent devant des politiques qui ne prennent pas les bonnes mesures et qui permettent aux escrocs et aux criminels de pulluler autour de nous. Non, notre contrôle de citoyen libre et responsable commence pour éviter les dérives des promesses non tenues, de la corruption et du mauvais gouvernement. Nous pouvons intervenir en dénonçant les dysfonctionnements, les changements de cap, les erreurs, en proposant des solutions en étant, en fait, une vraie « opinion publique », c’est-à-dire responsable et capable d’une réflexion, imposant à nos élus de bien gouverner dans un bon gouvernement et dans la voie pour laquelle nous les avons installés au pouvoir. Et c’est tout à fait réalisable. Par exemple, en investissant le secteur associatif en créant des structures d’analyses, de contrôles et de propositions. Alors nous remplirons ce devoir de contrôle sans lequel le système représentatif ne devient qu’un système plébiscitaire où une caste politique se présente devant nous toutes les x années pour se partager des emplois comme n’importe quel demandeur d’emploi devant un patron mais un patron qui, ici, renoncerait ensuite à contrôler le travail de son employé en lui laissant faire ce qu’il veut…

    Bien entendu, il est beaucoup plus confortable d’être une victime innocente qui ferme ses yeux, met du coton dans ses oreilles et se bouche le nez tout en ouvrant la bouche pour pleurer et se lamenter sur son sort de cocue politique, sacrifiée sur l’autel des intérêts maléfiques des « Eux », les méchants. Mais si nous avons un tant soit peu d’amour propre, prenons-nous en d’abord à « Nous » avant d’attaquer les « Eux » et travaillons à n’être pas de simples citoyens mais des citoyens libres et responsables. Deux adjectifs qui font toute la différence…

    Alexandre Vatimbella

  • L’échec actuel d’un Centre indépendant

    En affirmant récemment que le Mouvement démocrate était désormais au centre-gauche et que le Nouveau Centre était au centre-droit, Hervé Morin, le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense du gouvernement de Nicolas Sarkozy n’a fait qu’entériner une simple réalité de la vie politique française mais lourde de conséquences pour le Centre. Car les stratégies gauchistes de François Bayrou et droitières d’Hervé Morin contre une partie des membres de leurs deux formations ressemblent, une nouvelle fois, à ce fractionnement si cher au Centre depuis le début de la V° République (et même depuis la Révolution française !).

    Adieu donc le Centre indépendant que François Bayrou a fait mine pendant un certain temps d’incarner avec son second… Hervé Morin ?! Il semble que la destruction consciente de l’UDF par François Bayrou pour créer un Mouvement démocrate dédié et dévoué entièrement à sa personne et à sa candidature à l’Elysée en 2012 soit ce moment fondateur de la disparition d’un Centre indépendant qui commençait à prendre forme. Bien sûr, à l’intérieur du Mouvement démocrate il y a des hommes qui se battent sincèrement pour un Centre indépendant tout comme il y en a au Nouveau Centre. Mais les ambitions personnelles ont pris le dessus sur les principes d’indépendance. Rappelons toujours que ces ambitions ne sont évidemment pas illégitimes pour des hommes politiques dont le but est l’exercice du pouvoir si elles ne sont pas, il faut l’ajouter immédiatement comme corollaire indispensable à la première affirmation, de simples compromissions et hypocrisies destinées à obtenir le pouvoir pour le pouvoir.

    Non pas que le Centre qui est minoritaire dans le pays ne doive pas s’allier pour pouvoir gouverner mais cela ne passe pas nécessairement par l’abandon de certaines de ses convictions, au contraire, mais par un compromis de gouvernement où ses idées doivent peser sur l’action politique.

    Il n’y a en effet aucune fatalité à ce que le Centre se fourvoie continuellement uniquement pour des prébendes voire des « destins nationaux » fantasmés. Même si celui-ci est minoritaire, comme c’est le as actuellement en France,, il peut conclure des accords avec d’autres partis sur des bases claires qui ne remettent pas en cause sa philosophie qui est le libéralisme social. Ce genre de compromis est d’autant plus facile à réaliser que les partis de gauche et de droite, lorsqu’ils gouvernent sont obligés de gouverner « au centre ».

    Mais encore faut-il que l’on trouve à la tête des partis centristes des personnes de conviction et privilégiant les idées politiques aux postes gouvernementaux. Car, on en trouve aussi peu dans les autres partis mais ceux-ci ont un gros avantage : leur discours extrémiste leur vaut brevet politique alors que le Centre ne peut s’en tirer avec une phraséologie guerrière d’exclusion car c’est tout ce qu’il rejette pour être un lieu où la politique n’est pas imprécation mais est issue d’une réalité sur laquelle il faut travailler pragmatiquement en se fondant sur des valeurs humanistes. Car comme l’explique le philosophe Clément Rosset, « Il est beaucoup plus difficile – et surtout plus courageux – d’améliorer le monde que de le jeter, tout entier, aux cabinets ». De son côté, Aristide Briand affirmait que « l’art du politique, c’est de concilier le désirable avec le possible ». Oui, c’est certainement beaucoup plus difficile, beaucoup moins « glamour » mais tellement plus valorisant et, surtout, responsable. Et n’est-ce pas cette qualité que l’on demande en priorité aux politiques ?…

     

    Alexandre Vatimbella

  • Barack Obama, le centriste qui va faire enrager les extrémistes

    Dans les journaux de gauche, les « insultes » de dépit pleuvent déjà : Obama n’est qu’un vilain centriste (mais on l’aime quand même…). Dans les journaux de droite, ce sont les « louanges » de surprises qui lui sont adressées : Obama est en réalité un gentil centriste (c’est pourquoi on peut l’aimer…). Mais qu’il soit un vilain ou un gentil, parions qu’il sera bientôt critiqué si ce n’est détesté par les deux bords qu’il va nécessairement décevoir tant ils attendent qu’il soit de « leur côté ». Parce qu’il n’est ni de droite ni de gauche, non, Barack Obama est un vrai centriste. Dès lors sa politique risque d’être rejetée aussi bien par la droite qui verra en lui un affreux collectiviste et par la gauche qui verra en lui un affreux capitaliste selon les mesures prises. Car, être du Centre et le montrer est la plus difficile des postures politiques. Si l’on est à droite ou à gauche et que l’on gouverne au centre avec une rhétorique extrémiste, rien de plus normal. C’est le cas le plus commun dans nos démocraties puisque le gouvernement des humains vous impose de tenir compte de la réalité et d’utiliser l’idéologie uniquement pour se faire élire puis dans des discours enflammés mais surtout pas dans la pratique politique. Au moins, le discours partisan à défaut des actes, permet les repères politiques avec des partisans et des adversaires. Avec Barack Obama, le discours est ouvert tout comme sa vision de la politique. Voilà une position qui ne peut que désorienter et donc susciter les critiques virulentes.

    L’équipe que Barack Obama a mise en place est un subtil équilibre centriste. Et les critiques ont fusé. Les militants de gauche se sont étranglés de voir des Républicains dans le gouvernement et, surtout, leur objet de haine, la centriste Hillary Clinton. Les propositions économiques de Barack Obama sont centristes. Et déjà, les démocrates libéraux (les plus à gauche) critiquent le plan de relance qui fait la part belle selon eux aux capitalistes alors que les républicains les plus à droite critiquent le retour d'un Etat soi-disant incapable (alors que ce sont eux qui ont fait exprés qu'il ne soit plus capable de remplir ses missions en lui rognant ses moyens). Tout comme sa vision de la société et sa volonté d’offrir une assurance santé à la population (combattu par la droite) mais sans l’assistanat. Sans parler qu’il est pro-avortement (un crime pour la droite) mais pour la guerre en Afghanistan (un crime pour la gauche). Et quand le nouveau président des Etats-Unis affirment qu’une bonne idée n’est ni de gauche, ni de droite et qu’il en attend de tous les horizons politiques, voilà qui n’est pas politiquement correct et qui n’est guère compréhensible pour la plupart de ceux qui ne fonctionnent qu’avec une vision duale de la politique : les bons et les méchants.

    Barack Obama va donc faire enrager les extrémistes de tout bord. Surtout s’il réussit ! Mais son action à la tête de la première puissance mondiale sera particulièrement intéressante à être observée et analysée car elle peut ouvrir une nouvelle ère dans la façon de gouverner les humains et, pourquoi pas, un possible modèle en la matière pour le XXI° siècle naissant. Pas d’emballement, évidemment, mais un espoir raisonné. Et c'est déjà beaucoup dans ce monde où il y a tant de motifs pour renoncer.

    Alexandre Vatimbella

  • Barack Obama est-il trop parfait ?

    Savoir si Barack Obama est trop parfait est une interrogation bien incongrue car personne n’est trop parfait. En revanche, de savoir si Barack Obama ne peut-il que décevoir parce que nous le voyons trop parfait, est une question tout à fait pertinente. Et une question que beaucoup ne veulent pas se poser tant la réponse semble, à la fois, évidente et lourde de conséquences. Car même si Barack Obama obtient de grands succès dans sa politique, même s’il demeure lui-même, tout ce qui a été investi dans sa personne, dans son image ne peut qu’amener de la déception. Cette déception ne viendra pas de ce qu’il est mais de ce que nous avons investi en lui. Nous attendons tellement de sa présidence que même un Superman, un Batman, un Spiderman, chacun de leur côté ou tous les trois ensemble, ne pourraient relever le défi. Seul sans doute Dieu en serait capable. A l’heure du désenchantement du monde, voilà qui est bien paradoxal. Mais Barack Obama Superstar est aussi emblématique de nos attentes dans ce XXI° siècle où nous avons l’impression de ne plus savoir où nous allons, à moins que ce ne soit pas seulement une impression… Dès lors, Barack Obama peut devenir un grand président des Etats-Unis s’il est capable d’indiquer un chemin et d’y guider son pays et le monde à sa suite.

    Mais nous ne devons pas attendre tout de Barack Obama. A cause de la déception dont nous avons parlé, bien sûr, mais aussi parce que si c’est le cas nous risquons de détruire tout ce qu’il peut apporter de bon. La passion, même si elle n’est pas partagée, lorsqu’elle se sent trahie est de celle qui porte souvent le plus de ressentiment et appelle à plus de vengeance. Elle devient aveugle en brûlant ce qu’elle a adoré la veille. Ce danger guette Obama plus que tout autre président des Etats-Unis et plus, peut-être, que tout autre dirigeant de notre monde contemporain. Cette passion trahie nous guette et sera peut-être terriblement destructrice. Car lorsque l’on investi autant, après que l’on se croit trahi, alors, il n’y a plus rien, il n’y a plus d’espoir.

    D’autant qu’il faudra bien savoir de quel Obama l’on parle. De celui qui dit ce qu’il pense et ce qu’il veut faire ou de celui à qui on prête toutes nos attentes. Dans les médias du monde entier, on lit et on entend des gens qui viennent dire ce qu’Obama doit faire, ce qu’il faut qu’il fasse, ce qu’ils veulent qu’il fasse. On s’éloigne de la vraie personne d’Obama pour penser, tel un dieu que l’on prie, qu’il pourra exaucer nos vœux, tous nos vœux. Cette attente totalement irrationnelle n’est évidemment pas nouvelle dans l’histoire de l’Humanité ni même dans celle de la politique. Mais elle semble ici démultipliée. Car tout le monde à son Obama. Les noirs, les blancs, les jaunes, les rouges, les chrétiens, les athéistes, les musulmans, les bouddhistes, ceux qui votent à droite, ceux qui votent à gauche, les Arabes, les Juifs, les employés de l’industrie automobile, les activistes de l’environnement et de l’écologie, les pacifiques, les faucons, les tenants de la grandeur militaire des Etats-Unis, les tenants du softpower américain, les supporters d’une politique économique libérale et les interventionnistes, et ainsi de suite. Il y a autant de Barack Obama que d’habitants sur terre ! Non pas parce que chacun de nous en a une vision particulière, ce qui est le cas pour tous les gens connus, mais parce que chacun a investi ses propres attentes dans le nouveau président des Etats-Unis.

    Nous devons ainsi être préparés à être déçus. Mais nous devons aussi nous préparer à relever les défis du XXI° siècle avec Barack Obama et à l’aider. Car s’il déçoit, s’il faillit, ce sera sans doute aussi parce que nous n’avons rien fait de notre côté (bien entendu, Barack Obama peut aussi ne pas se révéler à la hauteur de sa tâche ni même à celle de ses promesses). La personnalité providentielle n’existe pas et n’existera jamais. Mais celui qui possède le charisme et l’intelligence, capable de montrer le chemin, celui-là existe. Et quand on en trouve un, si Obama est bien un de ceux-là comme on peut l’espérer au vu de son parcours jusqu’à aujourd’hui, il serait bête de gâcher cette formidable opportunité de bâtir un nouveau monde, tous ensemble.

    Alexandre Vatimbella

  • Le paradoxe de l’automobile : l’acheter et ne pas s’en servir !

    Le paradoxe de l’automobile est une des manifestations les plus caractéristiques de l’inconséquence politique de ces trente dernières années qui prend un tour encore plus ubuesque actuellement avec la crise économique et financière mondiale où l’industrie automobile est en péril partout dans le monde et où tous les gouvernements annoncent, chacun à leur tour, un plan de soutien et de relance du secteur. Ce paradoxe peut se résumer à cette formule : « Pour être un bon citoyen, il faut acheter une voiture mais ne pas s’en servir » !

    Détaillons. Tout citoyen responsable se doit d’acheter une voiture afin de faire fonctionner les usines et de donner du travail aux ouvriers, puis de donner du travail aux vendeurs de voitures, aux réparateurs de voitures, aux pompistes, aux employés d’autoroutes et à un certain nombre de « parasites » automobilistiques comme les contractuels, les employés des fourrières et les poseurs de pub sur les pare-brises. Cependant, une fois que notre citoyen responsable a acquis sa voiture, il doit louer ou, mieux, acheter une place de parking pour y mettre son nouveau bien et ne jamais s’en servir pour aller au boulot, pour emmener les enfants en classe, pour partir en vacances ou pour faire ses courses afin d’éviter les embouteillages qui paralysent le pays et qui polluent énormément, sans parler des nuisances sonores. D’autant qu’il fera des économies d’énergie ce qui permettra de ne pas plomber la balance des paiements et qu’il ne creusera pas le trou de la sécurité sociale en causant des accidents de la route. Il ne faut pas qu’il oublie, malgré tout, de prendre une assurance, même si sa voiture ne roule pas, afin de ne pas précipiter la faillite de toutes les grandes compagnies d’assurance et qu’il continue à acheter des revues automobiles. De temps en temps, il aura la bonne idée de siphonner son réservoir (mais pas de mettre en route son moteur, respect de l’environnement oblige) afin d’aller chercher de l’essence en transport en commun muni de jerricans. De temps en temps, également, il poussera sa voiture pour la garer sur des emplacements interdits afin de participer au budget de sa commune. Et il ne faut pas qu’il oublie de changer sa voiture tous les deux ans afin de faire fonctionner les usines et patati patata. Enfin, on ne saurait trop conseiller à ce bon citoyen responsable d’acheter une deuxième voiture pour sa femme, une troisième pour sa fille et une quatrième pour son fils pour résoudre le chômage. Et autant de places de parking pour résoudre la crise de l’immobilier. Mais peut-être pas autant de jerricans car ceux-ci sont sans doute « Made in China »...

    Quel que soit le comique de la situation, c’est drôle à en pleurer ! Le paradoxe de l’automobile constitue ainsi un des meilleurs exemples des dysfonctionnements de nos sociétés à tous les niveaux mais surtout de l’Etat. Car, celui-ci, incapable de se projeter dans l’avenir fonctionne exclusivement ou presque à court terme. De même, l’appareil politique, incapable de prendre ses responsabilités prend des décisions incohérentes et totalement contradictoires souvent pour se faire réélire mais aussi par une absence complète d’une vision responsable des défis qui se pose à la société. D’un côté, il faut faire exister un secteur économique, voire même l’aider comme c’est le cas actuellement, tout en demandant au citoyen de participer à ce « civisme » (remplacer sa vieille voiture grâce à une prime à la casse, par exemple) et en l’encourageant, ensuite, à ne pas se servir de l’automobile qu’il vient d’acquérir au nom d’un autre « civisme ». Mais le bon citoyen, lui aussi, participe de ce paradoxe en élisant ce même personnel politique irresponsable, en achetant des voitures tout en se disant très concerné par les problèmes de pollution et de réchauffement de la planète tout en fustigeant les méchants industriels qui lui permet de polluer sans grands états d’âme en ayant trouver des boucs émissaires…

    Et au moment où l’on devrait enfin pouvoir dire « la voiture est morte, vive la voiture ! » en décidant de laisser mourir cette vieille automobile polluante grâce à la crise qui s’établit partout dans le monde pour en créer une nouvelle propre et durable, ne voilà-t-il pas que tous les gouvernements du monde viennent au secours de la vieille automobile au lieu de permettre à cette nouvelle automobile de naître. Partout on subventionne les constructeurs automobiles qui n’ont pas su ou voulu s’adapter, partout on établit des primes à la casse pour déresponsabiliser le citoyen qui n’en a guère besoin, partout de Pékin à Paris, de Washington à New Delhi.

    L’être humain, individuellement et collectivement, a toujours eu du mal à bâtir du durable. De même, il a pratiquement toujours était incapable de s’adapter à l’avenir en douceur estimant que ce qui ne relevait pas du jour même pouvait attendre le lendemain même si celui-ci était trop tard. Bien sûr, de l’autre côté, il y a toujours eu des oiseaux de malheur pour surfer sur les angoisses collectives et pour prédire la fin du monde qui, pour autant que nous puissions le juger, n’est pas encore arrivée malgré tous les faire-part de décès qui nous ont été adressés au fil des siècles.

    Reste que la « paradoxe de l’automobile » a un dindon de la farce, l’automobiliste. Sans être pour le moins du monde populiste, remarquons que le citoyen conducteur (le « citoyen vache à lait » diraient certains) est le seul à payer tout le temps : en achetant la voiture ; en payant des impôts qui se transformeront en aides et subventions publiques ; en payant son essence, son assurance, ses contrôles techniques, le remplacement des pièces défectueuses, les révisions, le dépannage en cas de panne ; en s’acquittant des péages d’autoroutes, des stationnements payants, des amendes de toutes sortes et ainsi de suite. Sans oublier, par exemple, les impôts qui payent les hôpitaux publics où on se fait soigner après un accident de la route. Et en retour, on lui explique qu’il est un mauvais citoyen qui est en train de détruire la planète !

    Il y aurait un bon côté si le « paradoxe de l’automobile » avait permis à la société d’apprendre une bonne leçon. Malheureusement, les politiques, les industriels et les citoyens sont toujours aussi irresponsables devant les défis du présent et du futur. Dès lors, il n’est pas un phénomène exceptionnel mais bien le fonctionnement normal de nos sociétés. Et là, nous avons de quoi être inquiets pour notre avenir !

    Alexandre Vatimbella

  • L’inévitable guerre, à moins que…

    Ce jour, comme hier et comme demain, de nombreuses personnes vont mourir dans des conflits qui ensanglantent le monde aux quatre coins de la planète, de l’Afghanistan au Congo, de la Colombie à la Somalie et dans lesquels, nous l’oublions souvent, nous sommes, nous, Européens et Occidentaux, directement impliqués. Depuis que l’Humanité existe, il y a eu plus de jours de guerre que de jours de paix ! La guerre est donc la gestion du conflit préférée des êtres humains… Cette réalité désespérante risque de perdurer et peut-être même de s’amplifier dans les décennies à venir, faisant du XXI° siècle, un siècle tout aussi sanglant que le précédent pourtant peu économe en vies humaines sur les champs de bataille et dans les ruines des cités. Car les motifs pour faire la guerre vont se multiplier et leur importance pourrait bien balayer nos belles valeurs humanistes. Au-delà de tous les conflits existants, le manque d’énergie sera peut-être la cause des premières guerres du siècle nouveau. La raréfaction de l’eau potable, le manque de nourriture, l’exigüité du territoire, le nombre de femmes insuffisantes dans des pays comme l’Inde ou la Chine sont autant d’autres motifs déclenchant. Sans parler d’une possible guerre de religion. Et sans oublier que le terrorisme pourrait disposer d’armes de destructions massives à plus ou moins long terme. A moins que la crise économique et financière mondiale ne se prolonge et soit le terreau de troubles sociaux puis de régimes autoritaires comme ce fut le cas en 1929 avec, au bout, la deuxième guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de toute l’histoire de l’humanité, il y a, à peine, soixante-trois ans…

    Dès lors, la question n’est peut-être pas de se demander s’il y aura une nouvelle grande guerre mais quand et où. Et ce « où » pourrait bien impliquer encore plus directement le monde occidental dans lequel nous vivons bien plus qu’il ne l’est actuellement dans les guerres où l’Europe et les Etats-Unis sont engagés (Irak, Afghanistan, Darfour, Congo, etc.). Bien sûr, le pire n’est jamais sûr mais l’expérience des siècles passés, voire des millénaires, doit nous encourager, au minimum, à nous préparer à la possible survenance d’un nouveau conflit même si les optimistes notent que, jusqu’à présent, aucune guerre n’a mis aux prises des démocraties, ce qui devrait limiter les risques d’embrasement en Europe. Pour le moment.

    Y a-t-il une chance que le scénario catastrophe ne survienne pas ? Cette chance, malheureusement, ne se trouve sans doute pas dans notre amour du prochain, ni dans notre sagesse en dépit de ce que croient tous les idéalistes qui prônent un changement de nos comportement et de nos manières de vivre. La peur d’une guerre atomique peut être un repoussoir mais jusqu’à quel niveau de haine ou de désespoir ? En revanche, la sauvegarde de la paix peut se trouver dans l’ingéniosité humaine, dans l’innovation. Il n’est pas question ici de foi aveugle et inconditionnelle dans la science et la technologie humaines. Non, il s’agit simplement de l’espoir que l’être humain sera capable de trouver des solutions dans ses capacités d’innovation technique car, pour ce qui des innovations politique et sociétale, il y a tout lieu de se montrer très pessimiste, non pas sur ses capacités à en conceptualiser mais dans celles de les mettre effectivement en œuvre. Parions sur le génie technologique de l’être humain plutôt que sur sa sagesse pour avoir une chance de nous en sortir. Ce qui ne nous empêche pas, bien sûr, de continuer le combat pour que les êtres humains comprennent que leur intérêt commun est de consacrer toutes leurs énergies non pas à détruire ce qu’ils ont construit mais à le protéger, à l’améliorer et à le partager. Une révolution par l’amour et la sagesse qui ne semble pas encore être leur préoccupation première …

    Alexandre Vatimbella

  • L’Europe est une nécessité mais plus un rêve

    Bien, il y aura des élections européennes en 2009. On peut presque parier qu’à coup sûr la participation ne sera pas très élevée… et que tout le monde le déplorera avant de passer à autre chose. Car l’Europe n’intéresse plus beaucoup les citoyens, non pas parce qu’elle n’est pas présente ou parce qu’elle n’est pas considérée comme une nécessité (bonne ou mauvaise) mais parce qu’elle ne fait plus rêver depuis très longtemps. Et l’on peut aussi parier que le rêve européen n’est pas prêt de revenir. En fait, ce rêve est mort lorsque les politiques l’ont enterré sans cérémonial lorsqu’ils se sont rendus compte qu’il ne pourrait jamais y avoir une vraie Europe politique parce que personne n’en voulait vraiment et que la seule Europe possible était une Europe de la paix, technocratique et tournée vers les échanges économiques. Ce n’est pas rien mais cela ne peut plus être plus que cela. Et les déclarations triomphales de Nicolas Sarkozy sur le retour de l’Europe à l’occasion de la crise économique et financière mondiale et des mesures « prises en commun » n’aura trompé personne puisque dès qu’elles furent faites les « partenaires européens » de la France s’empressèrent de prendre, chacun de leur côté, des mesures nationales sans guère se soucier d’une quelconque « unité européenne » !

    Evidemment, cette Europe n’a guère d’avenir en tant que puissance mondiale. Mais qui veut que l’Europe soit une puissance mondiale ? La France ? sans doute ; la Grande Bretagne ? peut-être ; l’Allemagne ? sans doute pas comme l’Italie et l’Espagne. Quant au Danemark, à la Suède, à l’Irlande, à la Finlande, à la Pologne ou à la République Tchèque, surtout pas. Les peuples européens dans leur majorité souhaitent vivre dans le cocon d’une démocratie sociale où règne la paix avec compassion pour le malheur du monde mais pas en allant y fourrer son nez de trop près. D’ailleurs, les fameuses controverses sur le « modèle social européen » ont montré qu’à défaut d’un système unitaire dans ce domaine, il y avait néanmoins une vision commune (sauf peut-être en Grande Bretagne et encore) sur la conception du travail, celle des loisirs et celle de la couverture sociale. De même, l’Europe est devenue avant tout un espace de paix depuis la crainte réelle des politiques, lors des conflits dans les Balkans, que la guerre ne revienne sur un continent déjà si durement éprouvé et toujours pour des questions des minorités nationales comme détonateur (la forte communauté hongroise de Roumanie par exemple). C’est l’unique raison pour laquelle on s’est empressé de faire adhérer des pays comme la Slovénie, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie comme l’ont reconnu les politiques au pouvoir à l’époque et que l’on veut incorporer au plus vite la Croatie, la Bosnie et la Serbie, sans oublier la Macédoine, l’Albanie et le Monténégro. Car l’incapacité de l’Union européenne à régler les conflits balkaniques dans les années 1990 ont montré qu’elle n’était, à ce niveau-là, qu’un tigre de papier et que seule l’intervention de l’ami américain empêcha le conflit de l’ex-Yougoslavie de se propager à toute la région et de dégénérer en guerre européenne (rappelons que, entre autres, la France soutenait le Serbie et l’Allemagne, la Croatie).

    Donc l’Europe ne fait plus rêver mais nous ne pourrions nous en passer économiquement et pacifiquement parlant. Reste que deux dangers guettent cette « petite » Europe à moyen-long terme. D’une part, un lent délitement qui pourrait remettre en cause, dans quelques décennies, son existence ce qui serait certainement désastreux. D’autre part, une sorte de « syndrome munichois » où la paix et la prospérité à tout prix pourrait avoir comme conséquence, dans un monde où il faut toujours lutter pour préserver ses acquis quels qu’ils soient, de n’avoir ni l’une, ni l’autre. Et faudrait-il alors 50 millions de morts de plus pour que le rêve revienne ? La leçon de l’Histoire, ici, ne permet pas de répondre avec confiance par la négative…

    Alexandre Vatimbella